Amendement N° 9 (Rejeté)

Lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière

Discuté en séance le 20 juin 2013 (1 amendement identique : 92 )

Déposé le 18 juin 2013 par : M. Blanc, M. Houillon.

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Exposé sommaire :

Le présent amendement a pour objet de supprimer du projet de loi les dispositions relatives à la création d'un procureur de la République financier, un consensus, notamment des professionnels de la justice, se dégageant pour considérer que cette création porte en germe de nombreux inconvénients pour bien peu d'avantages.

Une telle réorganisation de l'architecture judiciaire :

- traduit une méconnaissance de la réalité des phénomènes de fraude fiscale et de corruption qui nécessite au contraire une approche globale, non segmentée, en raison des liens de plus en plus étroits entre toutes les formes de criminalité, alors qu'à l'inverse, la force des JIRS est de disposer de tout le champ de compétence de la délinquance complexe, aussi bien s'agissant de criminalité organisée que de délinquance économique et financière stricto sensu ;

- sera facteur de dysfonctionnements majeurs entre le procureur financier et les juridictions de droit commun ayant initialement eu à connaître des procédures financières, source de difficultés sans fin pour déterminer qui est compétent, du procureur de droit commun ou du procureur financier, selon la nature du contentieux, au seul bénéfice des délinquants qui tireront profit de ces complexités procédurales et ces découpages byzantins de procédures ;

- n'atteindra aucunement l'objectif affiché par le Gouvernement de renforcer l'indépendance de la justice, dès lors que le procureur sera nommé selon les mêmes modalités que les autres procureurs de la République, et sera donc ni plus ni moins indépendant que ces derniers ;

- bien au contraire, ce dispositif conduira, en raison de sa complexité, à faire trancher les conflits de compétence les plus sensibles par la Chancellerie.

Le coût de cette réforme inutile sera en outre sans commune mesure avec le choix plus pragmatique, mais efficace que serait un renforcement des effectifs des JIRS, et surtout des services de police et de gendarmerie spécialisés en matière économique et financière, dont les besoins sont les plus criants.

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