Intervention de Jacqueline Fraysse

Séance en hémicycle du 20 juillet 2016 à 15h00
Questions au gouvernement — Attentat de nice

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacqueline Fraysse :

Monsieur le Premier ministre, une fois de plus, notre pays est victime d’un terrible attentat causant d’immenses souffrances. Une fois de plus, c’est la quatrième, vous répondez par la prolongation de l’état d’urgence. Je ne joindrai pas ma voix à celles de la droite et de son extrême, qui tentent de faire croire que cette situation pourrait être surmontée facilement. Je le ferai d’autant moins que sous son autorité, le fonctionnement des services de police et de renseignement s’est dégradé.

Je ne crois pas non plus qu’il soit décent d’user de surenchères à vocation politicienne ni d’utiliser les médias pour en rajouter dans le sensationnel et l’anxiogène, qui entravent la réflexion. Je voudrais simplement vous dire que la réponse ne peut pas être uniquement sécuritaire et guerrière.

Nos concitoyens revendiquent la sécurité, c’est bien normal. Mais nous devons avoir l’honnêteté de leur dire que si cette exigence passe par des moyens de police et de justice, ce n’est pas en cadenassant notre société que nous traiterons les causes de cette situation. Car Daech ne tombe pas de nulle part.

Aussi, j’ose vous inviter à vous demander si cette fuite en avant vers le tout sécuritaire qui nous fait basculer dans un état d’exception permanent sans que le pire ait pu être conjuré ne sert pas, à terme, ceux qui nous frappent.

N’est-il pas temps de renoncer aux politiques néolibérales qui ont déchiré le tissu social,

1 commentaire :

Le 16/08/2016 à 13:37, chb17 a dit :

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"cette fuite en avant vers le tout sécuritaire ..." sert ceux qui nous frappent.

Elle sert ceux qui nous frappent, et elle sert aussi ceux qui ont permis l'avènement du monstre. Je pense aux zélateurs ici de l'état d'urgence / état policier, si pratique pour étouffer l'opposition ; je pense aux services secrets OTAN et alliés instrumentalisant ben Laden puis les avatars d'al Qaeda, tant contre l'Irak, la Libye, la Syrie que contre d'autres contrées pas assez conciliantes au gré du grand capital.

Il est à cet égard effrayant de constater "l'israélisation" de notre république, telle que la pointe Alain Brossat dans son article "Ce pire qui nous inspire" (http://www.ujfp.org/spip.php?article5091).

Les attentats ont incité le Président de la République à augmenter les opérations de la guerre dite "contre le terrorisme", en fait contre des états depuis longtemps visés par le néo colonialisme sous égide de l'OTAN ; car notre diplomatie n'a pas vraiment cessé de soutenir les "rebelles" terroristes en Syrie - en violation des lois internationales reconnues par la France -, et d'encenser les pétrodictateurs qui financent Daech. La France chouchoute par ailleurs le gouvernement extrême droitier de l'entité sioniste dont la politique d'occupation et d'apartheid pourrit les relations internationales depuis plus de 70 ans, bien au-delà du Moyen Orient.

Le chaos qui s'en suit (bien plus grave encore à Mossoul, à Bagdad ou à Alep qu'à Nice) sert effectivement l'expansionnisme israélien, le contrôle du monde par la clique néo-conservatrice US... et aussi quelques marchands de mort, parmi lesquels un Dassault mène un jeu éloigné des valeurs républicaines.

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