Intervention de Philippe Duron

Réunion du 20 septembre 2016 à 15h00
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Duron, rapporteur :

L'ensemble des groupes politiques, ou presque, a conscience de l'intérêt de ce projet et de l'importance de le réaliser rapidement, parce qu'il est nécessaire non seulement à l'attractivité de la capitale, mais aussi au bon acheminement des voyageurs vers Paris.

Première remarque, concernant la « résilience » du RER B : selon les indications de la DGITM, les travaux de renforcement prévus, financés notamment grâce aux 125 millions d'euros qu'apportera la société de projet, permettront de sécuriser à 98 % le trafic sur le RER B. Bien évidemment, il peut toujours y avoir des situations perturbées, mais, d'après les simulations réalisées par SNCF Réseau et la DGITM, la quasi-totalité d'entre elles devraient être maîtrisées.

Deuxième remarque, à propos du financement. M. Bertrand Pancher a beaucoup critiqué le fait que l'on mette en place une taxe. Cependant, je rappelle que nous nous le sommes imposé à nous-même lorsque nous avons voté la loi relative au Grand Paris en juin 2010 : nous avons interdit toute subvention publique de cette infrastructure dans le cas où elle serait réalisée. Cela peut être considéré comme une bonne chose : l'objectif était effectivement de protéger les investissements du Grand Paris et la modernisation du réseau. En tout cas, quand on s'impose des règles à soi-même, il faut en accepter les conséquences.

Enfin, s'agissant du prix du billet, les usagers ont aujourd'hui deux façons d'arbitrer en matière de transport : soit ils arbitrent par le temps de transport, c'est-à-dire par la vitesse – c'est ce qui a fait le succès du TGV et celui du transport aérien ; soit ils arbitrent par le prix, ainsi qu'on peut le constater depuis peu avec le succès de BlaBlaCar ou des cars Macron.

De manière comparable, avec le CDG Express, le public aura un choix à faire en fonction de ses priorités. Certaines personnes ont besoin d'avoir des temps de parcours extrêmement planifiés, qu'elles aient un rendez-vous urgent à Paris ou qu'elles doivent prendre un avion dans un emploi du temps serré. Lorsqu'on prend un avion, c'est pour gagner du temps, ce n'est pas pour en passer autant à terre que dans les airs ! Dès lors, il est assez logique, selon moi, que l'on paie un surcoût pour emprunter ce nouveau transport en commun. D'autant que ce sera 24 euros en 2024, c'est-à-dire la moitié du prix forfaitaire du taxi actuellement – il sera vraisemblablement légèrement plus élevé en 2024. Ce moyen de transport va s'imposer parce qu'il est nettement supérieur au taxi : ainsi que vous l'avez souligné les uns et les autres, les taxis ne peuvent pas garantir le temps de parcours entre l'aéroport et le centre de Paris.

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