Intervention de André Chassaigne

Réunion du 5 octobre 2016 à 16h15
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne :

Je voudrais aborder deux sujets dont je n'ai pas parlé tout à l'heure, sans attendre forcément une réponse immédiate.

Le premier concerne le niveau – ou la marge – d'intervention de l'État dans la politique industrielle. Il convient de prendre à bras-le-corps cette question, qui touche à des cas précis sur nos territoires.

Le deuxième a trait aux pratiques des services de l'État au niveau local. Les élus n'obtiennent pas forcément les réponses qu'ils voudraient avoir, et ne sont pas toujours considérés comme étant les mieux à même de régler certaines situations. Nous avons même parfois les pires difficultés à obtenir la réunion d'une table ronde pour trouver des solutions ! C'est une réalité que je vis, malheureusement, et qui a pu être différente sous d'autres gouvernements. Cela ne veut pas dire que les résultats aient été meilleurs, mais il y avait, sur les questions industrielles, une écoute que l'on n'a plus aujourd'hui. Je citerai deux cas pour illustrer mon propos.

Premier cas : je vous ai récemment écrit concernant l'usine Flowserve de Thiers, après avoir adressé une question au Gouvernement – en l'occurrence, au ministre Emmanuel Macron. Dans cette affaire, ce dernier a – pour reprendre un mot que vous avez employé – donné des coups de menton et fait des déclarations péremptoires, mais sans résultats concrets. Cette entreprise de quatre-vingt-cinq salariés, qui fabrique des vannes stratégiques pour la marine nationale, notamment pour le porte-avion Charles-de-Gaulle et les sous-marins nucléaires, ferme. Les vannes vont désormais être fabriquées en Autriche, peut-être demain en Inde. Cette question de fond n'a pas été résolue et, alors même qu'il y a une possibilité de reprise, fût-elle partielle, de l'activité, je n'ai pas obtenu la table ronde que j'avais sollicitée – qui aurait réuni le groupe américain Flowserve, les salariés et les différentes parties prenantes – parce qu'on l'a considérée comme non pertinente. Cela pose un problème de méthode et d'intérêt national : l'État, par excès de prudence ou peur de ne pas obtenir de résultats, ne met pas les choses sur la table avec transparence.

Second cas : des couteliers de Thiers disposent de stocks d'ivoire datant d'avant 1975, qui sont agréés et autorisés et qui servent à la coutellerie d'art. Or, d'un seul coup, alors que ces stocks reconnus par l'État valent beaucoup d'argent, on interdit d'utiliser l'ivoire pour la fabrication nouvelle de couteaux. Cela a des conséquences financières sur les artisans concernés.

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