Intervention de Yannick Favennec

Réunion du 2 novembre 2016 à 17h00
Commission élargie : finances - affaires économiques - développement durable - affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaYannick Favennec :

Les parents d'élèves sont confrontés de manière régulière au non-remplacement de l'enseignant de leur enfant à tous les niveaux de la scolarité. Les accidents ou les longues maladies des enseignants, mais aussi les absences de courte durée – le principal fléau – sont autant d'heures perdues irrémédiablement pour les élèves, de pans entiers des programmes non abordés et de difficultés probables dans les classes supérieures. Le phénomène, amplifié à la saison hivernale, revient chaque année, et les associations de parents d'élèves s'en font régulièrement l'écho. Ainsi, dans le lycée Lavoisier à Mayenne, il n'y a pas de professeur d'espagnol depuis la rentrée et aucun remplacement n'est prévu avant la rentrée de janvier 2017 – si encore les maladies hivernales ne viennent pas remettre en cause cette perspective. Au collège de Pré-en-Pail, les élèves sont sans professeur de physique-chimie depuis septembre, et un professeur de français a été absent toute l'année scolaire dernière.

À la pénurie des remplaçants s'ajoute une interrogation sur la qualité du remplacement dans les disciplines frappées de pénurie, comme en mathématiques ou en sciences. Dans ces disciplines, l'éducation nationale a recours à des personnes en recherche d'emploi, souvent qualifiées mais qui, n'étant pas des professionnels de l'éducation, ne maîtrisent ni la pédagogie ni la gestion des classes. Dans le secondaire, en cas d'absence de moins de quinze jours, vous souhaitez faire appel à la bonne volonté des enseignants pour faire cours à la place de leurs collègues absents, moyennant le paiement d'heures supplémentaires. Or cette solution existe depuis 2005 mais ne fonctionne pas. Si l'on peut comprendre aisément la difficulté pour les académies de remplacer au pied levé un enseignant dont on apprend l'absence le jour même, ce problème récurrent nuit immanquablement aux apprentissages des élèves, surtout les plus faibles, et pèse indéniablement sur les relations entre les parents et l'établissement scolaire. Où sont donc passés les 5 000 postes dédiés aux remplacements ?

Cette situation accroît les conséquences des inégalités sociales sur les résultats scolaires, certaines familles étant dans l'incapacité de financer, comme d'autres le font, des cours particuliers pour pallier les carences de l'éducation nationale.

Au-delà des mesures annoncées récemment, quelles dispositions comptez-vous prendre pour assurer le rattrapage des heures de cours perdues et pour endiguer de façon pérenne ce phénomène inadmissible au regard des moyens, supérieurs à ceux de la moyenne de l'OCDE, dévolus à l'éducation nationale ?

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