Intervention de Françoise Descamps-Crosnier

Séance en hémicycle du 10 janvier 2017 à 15h00
Questions au gouvernement — Soutien aux fonctionnaires

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançoise Descamps-Crosnier :

Ma question s’adresse à Mme la ministre de la fonction publique. Tandis que nous approchons d’échéances majeures, la fonction publique s’est imposée comme un sujet essentiel du débat public. Les prises de position ne sont pas toutes exemptes de caricatures, de raccourcis et d’instrumentalisations, à tel point que certains partenaires sociaux ont dû intervenir dans le débat pour rappeler le rôle essentiel joué par les fonctionnaires. La fonction publique ne peut être une simple variable d’ajustement comptable ! Derrière les agents publics, ce sont des vies sauvées dans les hôpitaux ou par les pompiers, des enfants éduqués dans nos écoles, des habitants protégés du terrorisme et des citoyens accompagnés à chaque étape de leur vie.

Après plusieurs années de « fonctionnaires bashing » dans laquelle elle est passée maître, l’opposition, par la voix de son candidat, propose la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, soit 9 % des effectifs, en cinq ans. Les agents publics ne seraient plus qu’une charge qu’il faudrait éliminer, conformément à l’idée sous-jacente selon laquelle il faudrait renoncer à certains services – encore qu’on ne dise jamais lesquels – ou les confier au privé qui serait susceptible de les assumer – encore qu’on ne dise jamais que cela coûterait sans doute plus cher sans que le service y gagne !

Une telle proposition aurait aussi pour effet d’empêcher nombre de vocations publiques : en 2014, les fonctions publiques territoriale et d’État ont accueilli 57 889 nouveaux agents. Ces serviteurs de la République auraient-ils dû être empêchés de passer les concours, quitte à se passer de nouvelles idées et de talents ? L’opposition estime peut-être qu’ils auraient dû rester chez eux ? Supprimer 500 000 emplois publics, c’est fermer l’horizon de la République à plus de deux millions de candidats en cinq ans. En vérité, fermer l’accès à la fonction publique, c’est anémier la République !

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