Intervention de Danielle Auroi

Réunion du 11 janvier 2017 à 16h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDanielle Auroi, présidente de la commission des Affaires européennes :

Vous avez accepté, monsieur le ministre, de venir vous exprimer devant nous à un moment où les calendriers sont très serrés et je vous en remercie.

En matière d'affaires intérieures et de sécurité, nos concitoyens ont bien conscience de la forte interdépendance entre les États de l'Union européenne et du fait que le sursaut doit être collectif. Ce n'est pas pour autant qu'ils ne sont pas traversés par des réflexes de peur – cette peur qui, comme le disait Dario Fo, est une des choses les plus dangereuses pour la démocratie.

Malte vient de prendre la présidence de l'Union européenne. Nous oublions souvent que parmi les pays qui supportent la question des réfugiés plus que d'autres, il y a la Grèce, l'Italie, mais également Malte : ce petit État se retrouve avec énormément de réfugiés sur son territoire. On peut certes lui reprocher d'être un paradis fiscal, mais il y a aussi la solidarité avec les réfugiés, un sujet que les Maltais traitent depuis longtemps et qu'ils remettront sans doute sur la table. La réforme du règlement de Dublin III fait-elle toujours peser sur la Grèce, l'Italie ou Malte la même disproportion ou bien pouvons-nous espérer, quitte à faire pression sur le groupe de Visegrad, un plus grand partage ? Y aura-t-il des renforts via le Bureau de l'asile européen pour accélérer les procédures de demande d'asile ?

J'ai eu récemment l'occasion de me rendre, avec des collègues, dans plusieurs pays des Balkans. Dans ces pays qui sont candidats à l'entrée dans l'Union européenne, une inquiétude se fait jour car ils ont le sentiment, alors qu'ils multiplient les efforts pour gérer les flux de migrants et les accueillir au mieux, que l'Union européenne est frileuse, y compris vis-à-vis d'eux. Sachant que la Russie se remet à faire fortement pression sur ces pays, il conviendrait de discuter avec eux de la question de l'asile.

Sans parler de la Turquie ni du fait qu'en raison de cette même question de l'asile, nous sommes peut-être en train de fermer les yeux sur les droits de l'homme.

Les critères de relocalisation peuvent-ils être revus de façon à soulager un pays en crise ? Les moyens pour ces relocalisations seront-ils au rendez-vous ? Sans moyens, nous ne serons pas capables d'établir une distinction claire entre migrants économiques et réfugiés.

La nouvelle agence de gardes-frontières remplaçant FRONTEX fonctionne, me semble-t-il, mais elle peut fonctionner mieux. Des pays comme la Roumanie sont très allants sur le sujet et ont déjà proposé du personnel, tout comme nous, mais ce personnel a besoin d'être mieux formé car nous avons été alertés sur des insuffisances en la matière. Pensez-vous que l'agence pourra surmonter ces difficultés ?

La question du partage des informations contenues dans les fichiers de police et de sécurité est largement ouverte. Un des points clés en la matière est la modernisation du système d'information et d'échanges Schengen (SIS) ; SIS 2 nous permettra de travailler bien plus efficacement. Pouvez-vous préciser la position française sur ce projet de modernisation ?

Enfin, la lutte contre la cybercriminalité et la régulation d'internet sont tout autant des enjeux pour la sécurité des Européens. Quelles sont les perspectives de renforcement des moyens de cette lutte ?

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion