Intervention de Pierre Monteux

Réunion du 8 octobre 2013 à 17h00
Délégation aux outre-mer

Pierre Monteux, directeur général de la société Banamart, groupement des producteurs de bananes de la Martinique :

La filière française de la banane est totalement intégrée et unifiée. Avec une production comprise entre 250 000 et 270 000 tonnes de bananes par an – 60 000 à 70 000 tonnes en Guadeloupe et 190 000 à 200 000 tonnes à la Martinique – et étalée du 1er janvier au 31 décembre, elle est en quelque sorte la colonne vertébrale de l'agriculture de nos îles. Chaque semaine, cette production est embarquée pour alimenter l'hexagone, qui est notre marché domestique, et cette régularité, singulière en agriculture, assure aux producteurs un revenu lui-même régulier.

La production bananière est assurée par 650 exploitations familiales et artisanales – 250 en Guadeloupe et 400 en Martinique – et génère 6 000 emplois directs, essentiellement des emplois à temps complet et des CDI, soit 80 % de l'emploi agricole en Martinique.

Elle occupe 10 000 hectares sur les deux îles – 7 500 en Martinique et 2 500 en Guadeloupe. On parle souvent, à son propos, de monoculture : le terme est inadapté car, en Martinique, ces 7 500 hectares ne représentent qu'un peu plus de 25 % de la surface agricole utile.

La filière « banane » est un acteur important du développement économique local, avec 20 000 emplois induits sur nos deux îles. Elle est en outre à l'origine d'un apport financier important pour nos territoires. En effet, hors aides communautaires, elle génère un chiffre d'affaires de plus de 200 millions d'euros – 150 millions d'euros pour la Martinique, 50 millions pour la Guadeloupe – qui servent au développement de nos départements et irriguent l'activité économique.

Dans le domaine de la transformation, beaucoup de projets industriels ont vu le jour ou sont en cours. Je citerai le recyclage de l'écorce des bananiers pour produire un plaquage destiné à l'industrie du bâtiment, la fabrication d'une gamme de produits cosmétiques sous la marque Kadalys, ou encore la production en Guadeloupe, en collaboration avec l'INRA, de farines destinées à l'alimentation du bétail, sans parler de la production de jus et de pétillant de banane.

Notre filière joue enfin un rôle très important en matière d'aménagement du territoire, en contribuant au maintien d'activités économiques, et donc au maintien de la population, dans un grand nombre de communes – sur les 34 de Martinique, 21 produisent de la banane.

La filière « banane » contribue enfin au dynamisme du tourisme rural en structurant nos paysages.

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