Intervention de Jacques Myard

Réunion du 22 janvier 2014 à 9h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Myard :

Dans un premier temps, je crois qu'il faut dénoncer fortement la vision des élites françaises qui n'ont de considération que pour le « globish ». C'est une vision des années 60 qui n'a plus lieu d'être. Ce monde-là s'écroule, nous sommes désormais entrés dans l'ère des puissances relatives et donc des langues relatives. L'anglais va diminuer d'année en année et c'est une faute stratégique que de former des ingénieurs en anglais qui seront en activité encore dans quarante années alors qu'on peut s'attendre à ce que les Chinois, les hispaniques et tout le monde arabe imposent leurs langues. Privilégier l'anglais comme on le fait aujourd'hui consiste donc à rêver le monde des années 60. La langue est un portail sur un monde économique global, les jésuites l'avaient compris bien avant nous.

Deuxièmement, Flaubert disait que la langue « sort par le gueuloir ». Cela signifie que nous ne devons plus nous satisfaire de ce que quelques élites chinoises ou iraniennes pratiquent un français parfait, il faut que l'on « tape populaire », c'est la seule façon d'y arriver.

Troisièmement, ce qui se passe au sein de l'Union Européenne est intolérable ; je pense que nous devons tout simplement couper les vivres ! Car lorsqu'on constate qu'il y a des murs à Bruxelles entre lesquels on ne parle plus qu'anglais c'est inadmissible, et notre ambassadeur sur place, M. Philippe Etienne, s'attend d'ailleurs à une crise majeure en raison de la querelle linguistique.

Enfin, je considère, comme le Rapporteur, qu'il ne faut pas être dans un rapport de forces bilatéral face à l'anglais. Nous devons opérer à plusieurs, avec les Chinois, les hispaniques notamment, et mettre dans les cordes les tenants du tout-anglais. J'approuve donc ce rapport sans hésitation.

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