Intervention de Olivier Falorni

Séance en hémicycle du 25 février 2014 à 21h30
Questions à la ministre de l'artisanat du commerce et du tourisme

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaOlivier Falorni :

Madame la ministre, le Gouvernement a souhaité faire du tourisme une priorité nationale, avec un objectif clair : maintenir la France au premier rang mondial. Les assises du tourisme, qui prendront fin au printemps prochain, fixeront, je le souhaite, un programme d’action concrète pour notre territoire, et plus particulièrement pour mon département, la Charente-Maritime. Parmi les pistes de travail proposées, j’ai retenu la thématique de l’adaptation de la filière touristique aux mutations du secteur, car il est vrai que les modes de consommation du tourisme ont fortement évolué ces dernières années. Le numérique figure désormais, pour plus des deux tiers, dans la réservation de voyages ou de vacances.

Les agences de réservation en ligne sont devenues un canal de distribution incontournable pour les petits hôteliers, comme pour les grands groupes. Elles offrent des avantages non négligeables : elles rendent de précieux services aux consommateurs, tout en servant de vitrine aux professionnels, auxquels elles assurent un taux de remplissage. Mais à quel prix ? Si mon intervention n’a pas pour but de réduire à néant ces centrales, qui participent à l’effort du tourisme, il faut toutefois reconnaître qu’elles abusent de leur position dominante. C’est pourquoi les hôteliers se sont regroupés l’été dernier pour dénoncer certaines pratiques : un taux de commission exorbitant, la clause de disponibilité ou l’obligation d’inscrire sur ces sites le plus grand nombre de chambres, et l’interdiction faite aux hôteliers de pratiquer des prix inférieurs à ceux convenus avec la centrale. C’en est donc fini des promotions de dernière minute, affichées directement sur le site internet des hôtels.

Quant à l’e-réputation des commerçants, elle est souvent trompeuse et faussée, puisqu’il leur est impossible de vérifier les commentaires et d’y réagir. Pire, des sites sont nés l’année dernière, dont le nom équivoque laisse croire qu’ils sont des supports officiels – c’est le cas par exemple du site www.hotel-la-rochelle.com. Les syndicats de professionnels de l’hôtellerie, ainsi que tous les petits hôtels, attendent qu’il soit mis un terme au déséquilibre significatif de ces relations commerciales et que soit restauré le principe d’une concurrence libre et non faussée, afin de préserver les emplois. Après une première avancée significative obtenue au détriment d’un opérateur, nous attendons que vous saisissiez cette opportunité pour aller plus loin. Madame la ministre, quelles mesures comptez-vous prendre en faveur de l’hôtellerie française, pour remettre le client au coeur des préoccupations des professionnels du secteur, ce qui est impératif ?

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