Intervention de Philippe Vitel

Réunion du 11 juin 2014 à 9h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Vitel :

La notion de « paix froide » est appropriée. Je suis en effet circonspect sur le terme de paix alors qu'on voit la Russie en quête d'hégémonie. L'union eurasiatique traduit elle-même ses ambitions sur notre continent. Les Russes ont d'ailleurs, comme vous l'avez dit, violé à plusieurs reprises les accords internationaux et occupé l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud en 2008, puis, après la crise géorgienne, annexé la Crimée. Et après la crise ukrainienne, nous aurons certainement demain des actions dirigées sur la Biélorussie, la Moldavie et les pays baltes – encore que pour ces derniers, leur appartenance à l'Union européenne et à l'OTAN peut retarder l'échéance. La question est moins de savoir où ils vont aller que quand. Il ne faut pas faire preuve d'angélisme.

L'Europe est aujourd'hui en effet démunie, avec des budgets de défense en berne dans tous les pays : seuls quatre pays membres de l'OTAN sont dans les normes de 2 % du PIB de cette organisation. Et la déchéance de nos armées continue. En outre, beaucoup de pays sont pris dans le piège de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Finalement, la réponse de l'Europe n'est-elle pas plus économique que militaire ? Nous avons laissé des pays au bord du chemin par un comportement irresponsable : s'il est par exemple justifié d'exiger des pays baltes qu'ils ferment leur usine nucléaire vétuste pour rejoindre l'Union européenne, encore fallait-il leur proposer une solution de substitution ! Comment répondre au « smart control » que la Russie est en train de mettre en place dans plusieurs pays par des actions économiques ciblées ?

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