Intervention de Najat Vallaud-Belkacem

Séance en hémicycle du 30 octobre 2014 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2014 à 2019 - projet de loi de finances pour 2015 — Enseignement scolaire

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche :

Madame la députée, merci de votre question. Nous sommes tous attachés à l’autonomie, qui est du reste reconnue depuis 1985 dans le décret relatif aux établissements publics locaux d’enseignement. De fait, on le constate dans l’organisation des établissements, en classe, en groupes d’élèves, dans l’utilisation des dotations, en heures d’enseignement, sur l’organisation du temps scolaire, les modalités de la vie scolaire. Cette autonomie existe bel et bien et elle se justifie quand il s’agit de donner des marges de manoeuvre pédagogiques aux acteurs locaux pour mieux faire face aux situations.

L’autonomie, c’est un moyen de faire réussir les élèves et de faire progresser le système éducatif, je vous rejoins sur ce constat, madame la députée. On la retrouve notamment dans les lycées généraux ou professionnels qui bénéficient d’une large part d’autonomie lorsqu’ils décident de leur volant d’heures ou d’un type d’organisation différencié.

En revanche, je ne suis pas très favorable à une conception libérale de l’autonomie, c’est-à-dire une conception non régulée qui vise à mettre les établissements publics en concurrence les uns avec les autres. Si nous voulons que l’école innove, nous devons piloter cette innovation, c’est-à-dire veiller à ce que les belles innovations changent d’échelle et se généralisent et non pas laisser chacun libre de conduire les expériences sans lendemain qu’il souhaite.

C’est pourquoi dans les réformes que nous conduisons, notamment celle du collège prévue pour l’année prochaine et que vous suivrez de près, je n’en doute pas, nous voulons donner davantage d’autonomie, sortir d’une certaine uniformité et en même temps permettre que l’éducation soit à un même niveau d’exigence et de qualité sur l’ensemble du territoire.

Je vous invite à nous accompagner dans ce travail, car la réforme du collège va nous permettre de mettre en place des approches pédagogiques différenciées, des enseignements complémentaires au tronc commun, qui dépendront en grande partie des projets des équipes pédagogiques dans les établissements. Je crois, madame la députée, que cela va dans le sens que vous évoquiez.

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