Intervention de Pascal Cherki

Séance en hémicycle du 13 février 2015 à 15h00
Croissance activité et égalité des chances économiques — Article 72

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPascal Cherki :

Si vous créez des zones touristiques internationales, par effet boule de neige, vous allez être obligés de traiter tous les grands magasins de la même façon : en effet, vous donnez à ceux qui seront ouverts le dimanche un avantage concurrentiel que les autres vont réclamer. Si vous créez une zone touristique internationale sur les grands boulevards – j’y reviendrai plus tard –, vous serez obligés d’en créer une dans le quartier du Bon Marché, puis dans celui de la Samaritaine, puis autour de tous les grands magasins. Sinon, certains se demanderont pourquoi ils sont, d’une certaine manière, discriminés par le Gouvernement. Or le Gouvernement ne veut pas se fâcher avec les propriétaires des grandes enseignes, puisque c’est sous leur pression qu’il a décidé de créer ces zones. De fil en aiguille, vous le verrez, on fera de Paris une immense zone touristique internationale, sans régler en rien le fait que ce qui rabat les touristes chinois dans les grandes enseignes, c’est le montant des commissions que les patrons de ces enseignes versent aux tour-opérateurs. On n’est pas là dans un rapport poétique mais dans un rapport marchand, mercantile – cela existe et c’est même tout à fait normal.

Par ailleurs, avant qu’on ne fasse de 80 % du territoire parisien une immense zone touristique internationale, avez-vous vérifié, monsieur le ministre que la population parisienne était favorable à ce qu’on transforme sa ville en Disneyland du shopping le dimanche ? Moi, j’ai cru comprendre que les représentants parisiens, dans leur écrasante majorité – il y a quelques exceptions ici, qui s’exprimeront –, avaient un avis un peu différent. Si vous aviez écouté les débats au Conseil de Paris…

D’ailleurs, je suis très heureux que notre collègue Lamour insiste sur le fait qu’on n’a pas besoin de passer par la loi pour avancer. Pour notre part, nous disons deux choses : bien sûr qu’il y a besoin de faire évoluer quelques zones. Par exemple, le Marais est aujourd’hui classé en zone PUCE, mais il se trouve qu’une rue se trouve exclue des critères de définition. De cela, on peut discuter, tout comme pour un certain nombre d’autres zones. Mais pourquoi cela devrait-il être tranché par le fait du prince,…

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