Intervention de Nicolas Dhuicq

Séance en hémicycle du 26 mars 2015 à 9h30
Questions orales sans débat — Privatisation des missions de chauffeurs pénitentiaires chargés des transferts et extractions médicales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaNicolas Dhuicq :

Les détenus bougent, monsieur le secrétaire d’État : ils ne restent pas nécessairement en prison et peuvent être accompagnés par les membres de l’administration pénitentiaire pour une consultation médicale, pour être auditionnés par un magistrat ou, enfin, pour être transférés d’un établissement à un autre.

Les gouvernements, eux, se succèdent et, à cet égard, se ressemblent : ils ont pour ambition de réduire les coûts en externalisant les services. Aujourd’hui, alors qu’une équipe normale est constituée de trois gardiens et une équipe renforcée de quatre gardiens, nous voyons fleurir ici et là des contrats d’externalisation prévoyant que des chauffeurs appartenant à des sociétés privées accompagnent les détenus.

Accessoirement, sachons que nous manquons de gilets pare-balles pour les gardiens de prison, qui portent encore les anciens flak jackets, et non les gilets plus discrets de nos gendarmes. En outre, un détenu transporté pour être auditionné par un magistrat ou pour être transféré est accompagné d’une équipe armée et équipée de gilets pare-balles ; pour aller consulter un médecin à l’hôpital, en revanche, il sera accompagné de gardiens désarmés et sans gilets pare-balles qui circulent dans des véhicules de l’administration pénitentiaire clairement désignés comme tels.

Monsieur le secrétaire d’État, dans le monde violent d’aujourd’hui, nous plaçons nos gardiens de prison dans une situation extrêmement dangereuse. Est-il normal que ce Gouvernement ne tienne pas compte des revendications justes des gardiens de prison, qui demandent que cessent ces contrats d’externalisation ? En effet, un chauffeur ne possède pas les mêmes attributions qu’un membre de l’administration pénitentiaire puisqu’il n’est pas armé et ne connaît pas la population pénitentiaire. Or, il s’est déjà produit des cas d’agression, à Nantes en particulier : deux gardiens ont failli mourir parce que le chauffeur appartenait à une compagnie privée et ne pouvait pas intervenir. Quel est l’avis du Gouvernement sur cette question ?

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