Intervention de Julien Aubert

Séance en hémicycle du 9 avril 2015 à 9h30
Modernisation du système de santé — Article 18

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJulien Aubert :

Nous sommes face à une colère généralisée, comme j’ai pu le constater en réunissant les médecins de ma circonscription.

Avec vingt régimes généraux et six cents mutuelles, le nombre des organismes va alourdir le travail du médecin, dont le but principal est normalement de soigner. Le temps d’activité des praticiens sera progressivement rongé par le travail bureaucratique et le temps qu’il faudra passer à se battre contre les régimes de Sécurité sociale. Tant qu’il n’y aura pas une simplification de leur organisation, les médecins seront très réticents à entrer dans un système dans lequel ils devront faire la preuve qu’ils doivent être payés. Je rappelle qu’en cas d’erreur dans le parcours de soins, le remboursement est moins important, si bien que le coût de l’acte repose sur les épaules du médecin.

Il faut évoquer le coût de la santé. J’ai été catastrophé d’entendre Mme Carrey-Conte nous expliquer que l’argent ne devait avoir aucun lien avec la santé, en mélangeant au passage paiement et remboursement, ce qui n’est pas du tout la même chose. C’est en tenant ce genre de discours, madame, qu’on en arrive à un système totalement déresponsabilisé dans lequel la CMU complémentaire coûte 1,6 milliard d’euros, soit treize fois les estimations du gouvernement socialiste d’il y a quinze ans.

C’est comme cela qu’on a dérapé. La santé n’est pas un supermarché gratuit.

Des médecins ruraux m’ont dit qu’ils allaient se déconventionner. Vous allez assister à un déconventionnement massif. In fine, vous aurez une médecine à deux vitesses : pour les plus pauvres, les plus fragiles, une médecine d’État, et pour ceux qui peuvent payer, un système dominé par les mutuelles. Nous avons vu que, pour la biologie médicale comme dans d’autres domaines, vous encouragez la domination des mutuelles. Je ne crois pas que ce soit le souhait des médecins. Ils sont là pour soigner. Ce sont des médecins libéraux. Vous devez respecter, vous qui parlez toujours de concertation, leur volonté de ne pas devenir des fonctionnaires.

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