Intervention de Frédéric Lefebvre

Séance en hémicycle du 9 avril 2015 à 9h30
Modernisation du système de santé — Article 18

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrédéric Lefebvre :

Madame la ministre, votre texte part d’un postulat de base qui est faux, à savoir que le tiers payant généralisé va permettre aux plus pauvres, qui sont éloignés des soins, de revenir dans le système. Vous savez parfaitement que ce postulat n’est pas juste. De grands économistes de la santé, comme Jean de Kervasdoué, ont parfaitement montré que, malgré l’avancée de la CMU, un nombre croissant de nos concitoyens retardent leur accès aux soins, notamment dentaires et optiques, pour des raisons financières, et que 7 % d’entre eux n’ont aucune couverture complémentaire. C’est à cela que nous devrions nous attaquer !

Or vous savez parfaitement que les soins optiques et dentaires ne sont que très peu pris en charge par le régime obligatoire – vous avez d’ailleurs voulu la généralisation des complémentaires. En réalité, nous sommes en train de basculer progressivement, et ce depuis des années, car cette logique n’est pas propre à votre gouvernement mais partagée sur tous les bancs depuis bien longtemps, d’une médecine libérale à une médecine bureaucratisée.

Ce tiers payant est en quelque sorte le toit de l’édifice : il vient masquer ce dont aurait réellement besoin notre système de santé, à savoir une privatisation du management et de la gestion. On me répond que les caisses primaires d’assurance maladie sont des personnes morales de droit privé, mais c’est une blague ! La réalité, c’est qu’on est en train de basculer progressivement d’une bureaucratisation étatique à une bureaucratisation privée. Ce qu’il importe de faire, aujourd’hui, c’est d’introduire des méthodes de gestion privée.

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