Intervention de Pierre de Bousquet de Florian

Réunion du 24 mars 2015 à 12h00
Commission d'enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes

Pierre de Bousquet de Florian, préfet de la région Languedoc-Roussillon, préfet de l'Hérault :

On cherche à expulser les imams qui prêchent la mauvaise parole mais il faut pour cela documenter la procédure, et ce qui est rapporté de deuxième ou de troisième main ne tiendra pas devant le tribunal administratif ou le juge des libertés.

La population du Languedoc-Roussillon est en effet très sensibilisée à ces questions ; cela s'exprime fortement dans les urnes dans les départements du Midi, mais je n'ai pas connaissance de projets de milice.

L'interaction entre délits de droit commun et radicalisation est connue d'assez longue date. Des individus incultes, sans aucune espèce de culture religieuse, peuvent se radicaliser en prison. C'est un lieu où l'on a besoin de protection ; ce caïdat la confère. De plus, pour beaucoup de ces jeunes gens, l'islam n'est pas une religion mais une identité. Souvent, de petits délits les conduisent à l'incarcération ; ils se trouvent alors en contact avec des « grands frères » qui les embrigadent. Ensuite vient la grande délinquance – vols, contrefaçon, trafics en tous genres et blanchiment – qui sert à financer le terrorisme. On se trouve donc face à de petits délinquants qui, une fois radicalisés, sont prêts à actionner tous les ressorts de la grande délinquance. À cela s'ajoute ce qu'apporte le djihad : une perte complète d'inhibition. Ainsi de trois jeunes gens, morts depuis lors, qui nous ont été décrits comme d'une parfaite gentillesse. Je ne les ai pas vues personnellement mais on m'a rapporté que nos services disposent de vidéos tournées en Syrie ; il semblerait qu'on y voie deux d'entre eux participer à une crucifixion et le troisième à la lapidation d'une femme. Voilà de quoi sont capables les jeunes gens livrés à cet embrigadement mortifère ; ils sont d'autant plus dangereux quand ils reviennent en France.

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