Intervention de Jacques Myard

Réunion du 18 novembre 2015 à 9h45
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Myard :

Madame Duchêne, attribuer la responsabilité principale de la création de l'État islamique au régime syrien constitue une erreur historique fondamentale ; je vous renvoie à l'étude de M. Denis Bauchard, membre de l'Institut français des relations internationales (IFRI), qui recense quatre causes à l'émergence de Daech : les fautes de M. Paul Bremer, proconsul américain en Irak, celles de M. al-Maliki, les financements de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie qui ont alimenté cette organisation, enfin, l'ouverture des geôles par M. el-Assad à la suite de l'attentat perpétré contre lui par les États-Unis et de l'application du principe selon lequel « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Le soutien financier à Daech n'a pas cessé, et il faudrait ouvrir les yeux sur cette situation, monsieur Bonnafont ! Le politiquement correct du ministère des affaires étrangères et du développement international commence à m'insupporter.

Je suis stupéfait de l'irréalisme du processus qui est en train de se mettre en place. Vous nous parlez de tournant russe, n'oubliez pas de parler de tournant français. Je me réjouis d'ailleurs de cette subite lucidité. Vous nous avez affirmé que le soin d'identifier et de rassembler les opposants serait confié à l'Arabie saoudite. Cela me semble aussi pertinent que de faire garder des enfants par un pédophile ! L'Arabie saoudite a envoyé plus de 10 000 missiles dans l'ensemble de la zone, ceux-ci étant promis à nous revenir sur la tête. Je ne comprends pas le sens de cette politique. Vouloir écarter le régime actuel dès la période de transition est une idée folle : c'est lui qui possède les moyens militaires, donc comment peut-on croire à ce changement de pouvoir ?

La Turquie vient de publier une liste des 900 terroristes qu'elle considère les plus dangereux : 890 appartiennent au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et seulement dix à l'État islamique !

Vouloir élaborer une solution politique qui passe par l'Arabie saoudite et la Turquie, c'est vraiment fort !

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