Intervention de Alain Vidalies

Séance en hémicycle du 3 février 2016 à 15h00
Économie bleue — Après l'article 14

Alain Vidalies, secrétaire d’état chargé des transports, de la mer et de la pêche :

Monsieur Lambert, je souscris aux objectifs que vous poursuivez, mais je suis très étonné de la réponse que vous défendez. En effet, la réponse à ces questions et à ces objectifs, c’est la politique commune de la pêche – on connaît du reste votre engagement européen, qui n’est pas moins fort que le mien.

Dans ce domaine, nous sommes en situation de réussite. Vous ne pouvez pas – c’est la raison pour laquelle je considère que vos amendements sont dangereux – inventer un nouveau système répressif de régulation en dehors des règles que nous avons acceptées, que tous les élus ont expliquées aux pêcheurs et auxquelles adhèrent tous les pêcheurs, leurs présidents et leurs comités. Des interdictions existent déjà, vous le savez bien, mais vous voulez trouver une autre assiette scientifique permettant d’en imposer encore plus. Peut-être avez-vous raison, mais respectons l’avis scientifique.

Comme vous le savez, ce n’est pas simple : il arrive parfois que les pêcheurs nous disent que les avis scientifiques sont erronés. Pour ma part, je respecte les avis scientifiques, quitte à demander d’autres vérifications, comme c’est le cas aujourd’hui pour la sole du golfe de Gascogne ; mais il faut conserver cette rectitude.

Le CIEM rend des avis scientifiques – on peut demander leur vérification et les discuter – ; il y a ensuite des propositions de la Commission, puis le débat avec les pêcheurs et le Conseil des ministres. Si vous sortez de cela, vous démantelez la politique commune de la pêche.

Vous prenez le risque d’être excessif ; or vous savez parfaitement, monsieur Lambert, qu’à l’excès répond l’excès. Dès lors, vous fournissez des arguments à ceux qui pensent, car cela existe malheureusement, que la France devrait sortir de l’Europe, qu’elle devrait abandonner le carcan de la politique européenne, que nous pourrions pêcher chez nous et ne consommer que nos poissons – bref, un discours nationaliste.

Nous n’avons rien à gagner à cette démarche : nous devons nous inscrire dans la politique commune de la pêche. En sortant de cette exigence, comme visent à le faire les amendements que nous examinons – en attendant ceux qui concernent la pêche profonde : nous en parlerons ensuite –, vous vous inscrivez dans une démarche qui n’est pas rigoureuse et que je considère, je le répète très fortement, comme dangereuse.

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