Intervention de Franck Reynier

Réunion du 18 mai 2016 à 9h30
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFranck Reynier :

Je voudrais, à mon tour, revenir sur les grandes lignes du constat qu'ont dressé les intervenants.

Le consommateur a diversifié ses pratiques par rapport aux modes de distribution. Aujourd'hui, tout territoire se doit de disposer d'une offre globale qui part de la grande distribution, des hypermarchés et des moyennes surfaces spécialisées. Il doit aussi avoir un centre-ville dynamique, avec une nouvelle offre qui tienne plus du commerce de proximité. Alors qu'on le connaissait exclusivement dans les centres-villes, il irrigue aujourd'hui l'ensemble des territoires. Puis la vente en ligne est venue bouleverser une grande partie des secteurs d'activité.

Par rapport aux attentes du consommateur en termes d'offre globale, les centres-villes se sont retrouvés dans une situation délicate. D'acteur majeur et privilégié, le commerce de centre-ville est devenu l'un des acteurs de la distribution. L'évolution des usages des centres-villes est une question essentielle pour les années qui viennent. Elle aurait même dû être posée plus tôt pour que des réponses puissent être apportées aujourd'hui.

La présence du commerce est nécessaire. Or le commerce alimentaire a quitté les centres-villes ; 70 à 80 % de la distribution alimentaire se fait aujourd'hui en périphérie. On voit d'ailleurs, dans l'ensemble de nos centres-villes, le commerce alimentaire disparaître petit à petit. Quand il est présent, nous faisons tout notre possible pour le maintenir.

L'offre de logements a eu du mal à trouver sa place car, priorité étant donnée au commerce dans les centres-villes, nous avons fait des zones piétonnes et limité l'accessibilité à certaines zones. Se loger est donc devenu difficile et les centres-villes se sont paupérisés, tant pour ce qui est de leurs commerces que des populations qui y habitent.

Il faut également veiller au confort des usagers. Les usagers, c'est le commerce, mais ce sont aussi les services publics, la médecine, la santé et beaucoup d'autres secteurs qui, eux aussi, ont vécu ces mêmes mutations et ont quitté les centres-villes.

La situation est paradoxale, car le centre-ville est le secteur dans lequel nous investissons le plus d'argent public. S'agissant du commerce, l'argent public ne sert pas à réaliser des ensembles commerciaux dans les autres parties des villes. Ce sont les centres-villes qui ont le soutien, l'engagement et l'investissement des acteurs publics. Ce qui est important, c'est qu'il y ait un vrai partenariat entre les décideurs et les acteurs locaux. Mais travailler ensemble ne suffit pas, car ceux qui sont à convaincre, ce sont les consommateurs, les clients. Il faut leur donner envie de venir consommer davantage en centre-ville, grâce à la qualité de l'accueil et aux horaires d'ouverture, ce qui n'a peut-être pas suffisamment évolué ces dernières années.

J'ai entendu le constat que vous avez fait sur ces questions, et je le partage. Mais il conviendrait que vous nous fassiez des propositions, pour que nous puissions construire avec vous les centres-villes de demain.

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