Intervention de Najat Vallaud-Belkacem

Séance en hémicycle du 8 juin 2016 à 15h00
Questions au gouvernement — Fermeture du collège surcouf à saint-malo

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche :

Cela étant dit, je ne m’arrêterai pas là car il est intéressant de comprendre pourquoi le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a pris une telle décision, toujours difficile à prendre pour les collectivités locales – ceux d’entre vous qui sont à la tête d’une collectivité le savent.

Pourquoi le conseil a-t-il pris cette décision ? Comme vous le savez, sur les quatre collèges publics que compte le territoire de Saint-Malo, trois ont des effectifs si peu élevés que l’utilité de disposer d’autant d’établissements s’est posée inévitablement. La décision de fermer un collège sur les quatre s’imposait donc de façon absolue.

Le choix d’un collège a dû être fait. Pourquoi le collège Surcouf ? Parce que parmi ces quatre collèges, l’un se démarquait par un taux de ségrégation sociale extrêmement important : le collège Surcouf compte en effet 60 % de classes défavorisées et 4 % de classes aisées, alors que les autres collèges présentent un taux de mixité sociale bien plus intéressant. Dans l’objectif de mieux assurer la mixité sociale dans les établissements scolaires, le conseil départemental a décidé de fermer celui-là. Il faut savoir, je le dis pour l’assistance, que l’absence de mixité sociale se traduit souvent par des résultats scolaires insatisfaisants. Ainsi, au collège Surcouf, le taux d’accès de la sixième à la troisième est de 65 %, contre un taux de 80 % pour l’ensemble des collèges de l’académie, et ce, quelle que soit la qualité de l’équipe pédagogique et de la direction de l’établissement. La décision a donc été prise de fermer celui-là.

Je voudrais dire aux familles qu’elles n’ont pas d’inquiétude à avoir : leurs enfants seront mieux accueillis dans d’autres collèges et mieux assurés de réussir. Par ailleurs, je maintiendrai les moyens nécessaires.

4 commentaires :

Le 09/06/2016 à 09:11, laïc a dit :

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"le collège Surcouf compte en effet 60 % de classes défavorisées et 4 % de classes aisées"

Intéressant dénombrement. Et comment mme la ministre sait-elle qu'il y a 4 % de classes aisées, et 60 % de classes défavorisées dans ce collège ? Est-elle allée demander aux parents d'élèves leur feuille de paie, leur avis d'imposition, une déclaration de patrimoine personnel ? Ou bien les rues de Saint-Malo sont-elles étiquetées "habitées exclusivement par des riches" ou " exclusivement par des pauvres" pour pouvoir se situer? Se sert-elle du quotient familial de la CAF pour discriminer les élèves en raison du revenu de leurs parents ? Et le quotient familial a-t-il comme vocation à être utilisé par le ministère de l’Éducation nationale pour établir des catégories de citoyens et d'élèves ? La fortune des parents est personnelle, elle ne regarde que la CAF, et ces informations financières ne doivent pas être utilisées en dehors de leur utilité première, qui est de calculer le prix de la cantine et des centres de loisir, sinon il y atteinte à la vie privée.

Bref, ces informations chiffrées révèlent l'approche ségrégative de la société française par l'Education nationale et l’État, une volonté de discriminer en raison de la fortune supposée des parents, sans aucune preuve à l'appui pour prouver ces chiffres, sauf à utiliser les informations confidentielles de la CAF ou des impôts à des fins politiques, ce qui est complètement inacceptable.

En France, il n'y a que des citoyens égaux en droits. N'est-ce pas d'ailleurs la ministre qui prêche l'égalité ? Dans ces conditions, aller fouiller dans le compte en banque des parents pour déterminer le rang social supposé des enfants relève de la haute discrimination, et d'un souci d'inégalité poussé à son paroxysme. L'Education nationale doit accueillir tous les enfants, sans se demander si les parents d'untel sont plus riches que ceux d'un autre auntel, sinon il n'y a plus d'égalité possible, et le règne de la discrimination et de l'arbitraire peut commencer.

Si à la place du rang social, on avait pris comme critère de dénombrement et de sélection l'origine ou la religion, l’État s'autoriserait avec ce raisonnement à aiguiller les enfants en raison de leur origine ou religion, ce qui est de la plus haute ségrégation, et ne manquerait pas d'être dénoncé par SOS racisme....

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Le 09/06/2016 à 09:42, laïc a dit :

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"Je voudrais dire aux familles qu’elles n’ont pas d’inquiétude à avoir : leurs enfants seront mieux accueillis dans d’autres collèges et mieux assurés de réussir."

Cette phrase est d'une naïveté confondante : pourquoi les élèves qui échouent dans tel collège réussiront-ils mieux dans un autre ? Accuse-t-elle les professeurs du collège Surcouf d'être des nullités, incapables d'expliquer un cours à un élève ? Pourtant les professeurs ne sont pas discriminés lors de leur lieu d'affectation, ils ont un diplôme d'un niveau égal, et donc une compétence supposée égale.

Mais selon Mme Vallaud Belkacem, le seul fait de changer de collège devrait modifier, comme par magie, les notes des élèves... C'est trop drôle, et en vertu de quoi ? L'air qu'on y respire y serait-il meilleur ? Il ne faut pas pousser : un élève incapable de suivre à Surcouf le sera tout autant dans un autre collège de la ville, c'est la logique imparable de l'égalité d'enseignement de la République française.

Et d'ailleurs, si les élèves manifestent pour que Surcouf ne soit pas fermé, c'est bien parce qu'ils s'y sentent bien, qu'ils veulent continuer à y étudier, et ce comportement des élèves infirme par lui-seul l'idéologie de Mme Vallaud Belkacem selon laquelle les collégiens de Surcouf échouent parce qu'ils s'y sentent mal, parce qu'ils sont relégués dans un collège de classe, etc, etc, d'après toutes les balivernes socialistes.

Si tel était le cas, les collégiens feraient des manifestations pour que Surcouf soit fermé, pas vrai Mme Vallaud Belkacem ?

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Le 11/06/2016 à 09:25, laïc a dit :

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Voici un témoignage recueilli lors de la manifestation contre la fermeture de Surcouf :

« On nous méprise depuis le début, se désole ce parent d’élève. Les décideurs n’ont aucun respect pour ce collège et le travail exceptionnel qui est fait ici par l’équipe éducative. C’est un non-sens de rénover le quartier et de fermer Surcouf. Il y a des gamins ici qui ne connaissent que ce quartier. Ils se sentiront exclus ailleurs et vont finir déscolarisés ».

Ainsi, quand Mme Vallaud Belkacem dit "l’absence de mixité sociale se traduit souvent par des résultats scolaires insatisfaisants. Ainsi, au collège Surcouf, le taux d’accès de la sixième à la troisième est de 65 %, contre un taux de 80 % pour l’ensemble des collèges de l’académie", on constate sa totale méconnaissance de la réalité du terrain et de la psychologie humaine : un élève délocalisé de force de Surcouf vers un autre collège achèvera de perdre ses repères, et cela le propulsera vers encore plus d'échec et de relégation, de renoncement à étudier et vers plus d'échec. Le taux de 65 pour cent passera ainsi à 45 %, du seul fait d'une idéologie socialiste erronée et malfaisante.

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Le 19/06/2016 à 08:41, Patrick Jehannin a dit :

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EXCLUSIF : l'enregistrement audio de la session du Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine : http://wp.me/s6EXHi-14847 , comprenant l'intégralité des débats relatifs à la fermeture du collège Surcouf (2 documents pour la séance du vendredi 17 juin 2016 - avant et après suspension de séance)

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