Intervention de Anne de Loisy

Réunion du 8 juin 2016 à 18h15
Commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français

Anne de Loisy :

Absolument. Les images de L214 montrent qu'il existe des problèmes avec certains opérateurs, mais comment un patron peut-il prétendre ne pas être au courant de ce qui se passe dans son abattoir alors qu'il n'a que dix salariés ? Si lui n'est pas au courant, les collègues le savent. Quand on va dans un abattoir, on entend et on voit ce qui s'y passe. À plusieurs reprises, les gens sont venus me voir parce qu'ils voulaient me montrer ce qu'ils ne supportaient plus. Ils ne supportent plus d'avoir des cadences infernales, pris entre le directeur qualité qui leur demande de prendre le temps et d'être efficaces, et le responsable commercial qui leur demande d'accélérer.

La réalité est que les cadences dans les abattoirs sont infernales. Dans les gros établissements, on abat entre cinquante et soixante vaches par heure, autrement dit une vache toutes les minutes. Or il faut au moins quatre minutes pour qu'une vache meure, et quatorze pour un veau. Tous ces chiffres sont des moyennes, tirées de rapports officiels. De fait, les bêtes sont abattues et découpées vivantes. L'abattage et l'industrialisation vont tellement vite que les bêtes n'ont pas le temps de mourir, on les accroche et on commence à les découper alors qu'elles sont encore vivantes.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion