Intervention de Patrick Kanner

Séance en hémicycle du 21 juin 2016 à 15h00
Questions au gouvernement — Projet de loi sur l'égalité et la citoyenneté

Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports :

Grâce à cette loi aussi, à l’initiative de M. Lurel, disparaissent de notre droit les dernières scories du temps des colonies.

Mesdames et messieurs les députés, cette loi est un progrès. Elle sera défendue dès lundi prochain par les ministres concernés en séance publique à l’Assemblée nationale.

La République n’existe que si elle a un sens pour chacun. Le projet de loi sur l’égalité et la citoyenneté tend à renforcer notre capacité à vivre en commun, à lutter contre les ghettos comme vous l’avez dit, monsieur Hammadi. C’est la République en actes : une République qui agit sans relâche contre les discriminations.

1 commentaire :

Le 22/06/2016 à 10:03, laïc a dit :

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"C’est la République en actes : une République qui agit sans relâche contre les discriminations."

Oui, c'est ça, allez on rappelle également à M. Kanner la fameuse compétence demandée aux professeurs de l’Éducation nationale :

" - Prendre en compte les préalables et les représentations sociales (genre, origine ethnique, socio-économique et culturelle) pour traiter les difficultés éventuelles dans l'accès aux connaissances."

On imagine la scène entre le professeur et son élève:

"Tu ne comprends pas Djamila ?

C'est

1 - parce que tu es une fille

2 - parce que tu viens d'Algérie, et particulièrement de Kabylie

3 - parce que tes parents sont pauvres et ouvriers, avec une mère au chômage

4 - parce que ta culture, dans laquelle je sous-entends ta religion, t'empêche de comprendre certaines choses que la science profane et européenne essaie de t'inculquer en pure perte.

Donc conformément à la compétence que me demande mon cher ministère, je vais

1 - te faire un enseignement que ton cerveau féminin pourra comprendre

2 - adapter mon enseignement à ton origine ethnique, là dessus je ne sais pas encore trop comment je vais m'y prendre, mais je vais faire un effort. Sans doute vais-je devoir séparer la classe en plusieurs groupes, et le groupe des élèves d'origine kabyle aura des exercices de mathématiques différenciés et plus faciles que ceux qui viennent du Congo-Brazzaville (ceux qui sont originaires de là-bas sont des têtes en maths, c'est bien connu...).

3 - te faire un enseignement qui correspondra à ta classe sociale (là encore tu auras des exercices plus faciles que le fils de bourgeois qui est honteusement aidé chez lui à la maison par son père ingénieur...)

4 - enfin je te ferai un enseignement que ta culture-religion admettra, c'est-à-dire que je laisserai de côté toute information scientifique attentant à la vision du monde que ta culture-religion t'a inculquée.

Voilà, voilà, satisfaite Djamila ? Je fais ça, tu t'en doutes, uniquement pour satisfaire à l'arrêté du 1er juillet 2013 de notre cher ministère de l’Éducation nationale à la pointe de la lutte contre tous les racismes et les discriminations, soit dit en passant. Et si tu ne trouves pas de cohérence entre la lutte contre les discriminations et l'adaptation de mon enseignement à ton sexe, origine, classe sociale, et culture religion, je dirai que ce sera à mettre au compte de ton sexe, ou de ton origine, ou de ta classe sociale, ou de ta culture-religion..."

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