Intervention de Danielle Auroi

Réunion du 1er juillet 2015 à 9h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDanielle Auroi, présidente :

En 2003, lorsque Bush a décidé d'intervenir en Irak – on en voit les conséquences aujourd'hui –, le Parlement européen, dont j'étais membre, s'est prononcé à l'unanimité contre cette intervention. Nous avons été reçus, à cette occasion, par le secrétaire général de l'ONU, qui nous a dit que la position du Parlement européen était une chose mais que les États européens n'étaient pas d'accord entre eux, faute d'une Europe de la défense et d'une politique étrangère commune. Je crois, hélas ! que nous en sommes toujours là aujourd'hui. Pour le moment, chaque État veut conserver sa compétence en la matière. Tant qu'ils ne feront pas un premier pas vers la mutualisation – laquelle suppose un abandon, même léger, de souveraineté –, nous resterons dans cette situation difficile. Quand je relis le Livre blanc de 2003, j'ai le sentiment que, dans ces domaines, comme dans d'autres du reste, l'Europe est plutôt en train de reculer. Je veux bien partager l'optimisme d'Yves Fromion et de Joaquim Pueyo, mais ce n'est pas si simple.

Puisque, comme cela a été dit à plusieurs reprises, les pays de l'est de l'Europe, et pas seulement ceux du groupe de Visegrád, ne s'intéressent guère à ce qui se passe au sud et ceux du sud à ce qui se passe à l'est, nous proposerons d'inscrire l'Europe de la défense à l'ordre du jour de la prochaine réunion du Triangle de Weimar, qui doit se tenir à Paris.

De nombreuses pistes de réflexion ont été esquissées au cours de cette table ronde. Je partage la prudence des intervenants ; je crois que, malgré tout, les choses avancent. Je suis certaine que Mme Mogherini serait ravie de se voir confié un mandat plus fort.

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