Intervention de Cécile Duflot

Réunion du 30 juin 2015 à 16h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCécile Duflot :

Oui, je rejoindrai Arnaud Leroy en disant qu'un risque pèse sur l'Europe. Car, quand les dirigeants sont résignés et ne prennent pas la mesure des enjeux, les choses peuvent déraper très vite. Pouvez-vous, Monsieur le Ministre, nous confirmer que des contacts ont lieu en ce moment entre, d'une part, Jean-Claude Juncker, Mario Draghi et Martin Schulz et, d'autre part, Alexis Tsipras ? Les discussions ont-elles repris ?

Deux prix Nobel d'économie, Paul Krugman et Joseph Stiglitz affirment que les mesures proposées par les créanciers ont un effet récessif et aggraveraient la situation en Grèce. Selon l'ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le plan proposé contiendrait en effet des erreurs. Le gouvernement français pense-t-il que ces mesures n'ont pas d'effet récessif et, si c'est le cas, pourquoi ne prône-t-il pas plus franchement des réformes structurelles plutôt qu'un nouvel épisode d'austérité, même en partie atténué ?

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a demandé par courrier un nouveau prêt à ses partenaires européens. Sans lui, il ne pourra honorer le remboursement dû au FMI. Quelle est la position française sur sa demande visant à éviter un défaut de paiement ?

Vous nous avez dit, Monsieur le Ministre, que la Grèce a perdu la confiance de nombreux pays de la zone euro. Vous avez ensuite fait référence à l'Espagne et à l'Irlande. Mais vous abordez la situation sur un plan relationnel et même, pour ainsi dire, psychologique. Il s'agit en réalité de scénariser le renoncement de Tsipras à ses engagements de campagne pour montrer, de manière assez brutale, qu'une démocratie qui ne suit pas la ligne directrice imprimée par les dirigeants européens est non seulement contestable, mais risque d'être effectivement contestée.

Quelle est la position de la France sur le rapport entre les démocraties nationales et la politique européenne dominante ? Je vous rappelle l'humiliation infligée à Georges Papandréou quand il a voulu organiser un référendum. Nous en voyons les conséquences aujourd'hui. En Espagne, les choses commencent à bouger, car le chômage des jeunes prend des proportions incroyables, malgré un budget excédentaire. Les problèmes nés de l'éclatement de la bulle immobilière n'y sont pas non plus réglés. Quant à la France, elle a vécu une alternance politique en 2012. Cela aurait dû la conduire à remettre en cause certains choix portés par la majorité précédente. Quelle est aujourd'hui sa position ?

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