Intervention de Alain Vidalies

Séance en hémicycle du 27 septembre 2016 à 15h00
Liaison ferroviaire entre paris et l'aéroport paris-charles-de-gaulle — Discussion générale

Alain Vidalies, secrétaire d’état chargé des transports, de la mer et de la pêche :

On connaît l’origine de cette dette : au moment du vote de la loi de 1997, elle s’élevait à 20 milliards d’euros. Alors comment est-elle passée à 40 milliards, et quand ? J’ai examiné cela de très près, et j’ai quelque difficulté à souffrir votre intransigeance alors que, sous la responsabilité de M. Borloo et d’autres, de grandes décisions ont été prises pour construire simultanément quatre lignes à grande vitesse. Voilà qui pose problème ! Et la concomitance entre ces décisions et l’augmentation de la dette de Réseau ferré de France, puis SNCF Réseau, est une réalité à laquelle personne ne pourra échapper.

Que vous vous soyez nouvellement converti à la rigueur, très bien, mais ne nous agressez pas en affirmant que nous nous sommes mis dans une situation inextricable ! La réalité est là et nous ne pouvons nous en défaire. Je veux bien en revanche, compte tenu des éléments que je viens d’évoquer et que je détaillerai à l’occasion d’autres débats, que vous partagiez avec nous non seulement le fardeau de la dette, mais aussi les solutions avancées.

Nous discuterons du rapport que nous avons été amenés à établir et du choix que nous avons fait. Il s’agit d’une analyse financière, elle n’est pas définitive. Comme cela est indiqué au dernier paragraphe, dans les conditions actuelles, le choix est de ne pas reprendre la dette – je n’entrerai pas dans le détail, il s’agit d’arbitrages liés au taux d’intérêt. La question pourrait donc se poser différemment si les conditions devaient être modifiées à l’avenir.

Autant donc j’accepte de vous répondre s’agissant du débat sur la règle d’or, autant, s’agissant de la dette, il faut tenir compte de la réalité des faits.

Je tiens à vous remercier, monsieur Albarello, de votre intervention et de votre soutien. Au nom du groupe Les Républicains, vous avez fait une proposition importante : si j’ai bien entendu, vous suggérez de remplacer la taxe sur les passagers par une modification de l’assiette de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, dite « taxe Chirac ». Ce n’est pas le choix du Gouvernement aujourd’hui, mais je vous remercie d’avoir formulé cette proposition. Si vous la confirmez, elle fera partie des solutions alternatives que nous examinerons, le moment venu, lors du débat sur le projet de loi de finances rectificatives, et nous la ferons expertiser.

À mon sens, le fond du problème réside dans la question de la spécificité de l’infrastructure dont nous parlons aujourd’hui. Donner la priorité au maillage avec le reste du territoire, et certains y ont réfléchi, reviendrait à abandonner cette spécificité. La question est assez simple, au fond : compte tenu du poids de l’aéroport Charles-de-Gaulle aujourd’hui et des enjeux touristiques et économiques, avons-nous besoin d’une infrastructure qui permette de relier rapidement et sans arrêt l’aéroport au centre-ville, comme c’est le cas dans toutes les autres métropoles françaises ?

On peut répondre à cette question par la négative : on se prononce alors contre le projet. Mais quelle est l’attente des voyageurs ? La rapidité, l’absence d’arrêts, la séparation avec les trains du quotidien. D’ailleurs, l’un des problèmes dans le RER B aujourd’hui, chacun en est bien conscient, c’est qu’on fait voyager dans le même train des personnes aux objectifs différents. La question des bagages encombrants est une vraie difficulté, de même que la question des informations multilingues. Ce projet est donc adapté aux besoins des usagers de l’aéroport, comme cela se fait ailleurs : nous n’inventons rien, nous sommes même plutôt en retard, cela a été dit ! Il faut donc en accepter le principe, précisément du fait de sa spécificité.

Une autre question est celle du rendez-vous des Jeux olympiques, qui impose une contrainte de calendrier. Pour autant, l’infrastructure n’est pas conçue pour ce seul événement – et advienne que pourra pour la suite ! Je ne voudrais pas que la position du Gouvernement soit caricaturée. Les Jeux olympiques et paralympiques ne sont évoqués qu’aux fins, le cas échéant, de réaliser ce projet selon un calendrier qui permettra d’améliorer le dossier de la France. Il convient à la fois de respecter la spécificité du projet et de saisir cette opportunité.

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