L'écologie est, par essence, humaine. La question de la justice climatique est liée à ses impacts sur l'espèce humaine ainsi que sur les espèces animales et végétales. Nous avons le plus grand mal, depuis des années, à nouer entre eux tous les fils de ce sujet global, à relier la problématique du climat avec les pratiques agricoles, forestières, industrielles, etc.
Pourquoi les choses n'ont-elles pas progressé davantage ? La FNSEA, qui a été citée, n'est pas seule à s'opposer à ce changement de paradigme dans le développement économique et humain. Les blocages proviennent d'autres acteurs, dans le domaine du bâtiment, de l'éducation et de la formation. Comment analysez-vous les raisons de ces blocages multiples, alors que la biodiversité représente un gigantesque vivier de métiers et des centaines de milliers de créations d'emploi ?
Un sujet me préoccupe plus particulièrement, celui de la formation. L'éducation nationale, les organismes de formation des agriculteurs, des architectes, des urbanistes, des paysagistes, sont-ils impliqués ? Comment la fonction publique va-t-elle et doit-elle s'adapter à ces nouveaux métiers et produire des agents de la fonction publique qui exerceront demain les métiers de la biodiversité ? La problématique varie suivant les territoires – littoral, zones humides, fleuves, villes –, ce qui induit une différenciation dans les formations.