Intervention de Rémy Rioux

Réunion du 12 octobre 2016 à 9h45
Commission des affaires étrangères

Rémy Rioux, directeur général de l'Agence Française de Développement :

Si vous ne l'avez pas tous perçu, ne doutez pas de mon enthousiasme ! Être directeur général de l'AFD est le plus beau métier du monde, donc je vais forcer ma nature de fonctionnaire… D'ailleurs, il n'y a pas de fonctionnaires à l'AFD, ce n'est pas toujours connu, mais les agents de l'AFD sont des agents de droit privé, qui peuvent saisir les prud'hommes s'ils ont un problème, et ils viennent souvent à l'AFD en deuxième partie de carrière. Souvent, ils ont passé cinq ou dix ans dans le privé, dans les grandes entreprises françaises, et ils viennent parce qu'ils veulent servir l'intérêt général, travailler à l'international. Le nombre de fonctionnaires – dont je suis, personne n'est parfait – dans l'agence est très limité.

Monsieur Myard, si ma présentation a pu donner une impression de dispersion, de buissonnement, c'est parce que nous sommes au milieu du gué. J'entends les priorités dont vous me faites part, nous ne mettrons un point final à notre projet qu'en décembre, et nous le déroulerons après. Nous sommes dans une phase d'écoute et d'exploration, de la représentation nationale au premier chef.

Monsieur Dufau, l'objectif est bien de signer la convention entre l'AFD et la Caisse de dépôts le 6 décembre. Mon rapport a eu une première conséquence : 2,4 milliards d'euros de recapitalisation pour l'AFD. Ce n'est pas une mince affaire, c'est autant que ce que nous avons accumulé depuis 1941 dans les comptes. Il faut mesurer la magnitude de cet effort financier. Ce ne sont pas des dons, c'est du capital, mais dans une institution financière comme l'AFD, c'est absolument crucial. Et la Caisse des dépôts va nous donner le lien avec la France, ce n'est pas seulement de l'argent, c'est aussi l'ancrage que l'AFD n'a pas et qui nous est absolument indispensable.

Plusieurs d'entre vous ont parlé d'Expertise France et de gouvernance. Expertise France et l'AFD n'ont pas la même mission, nous ne sommes pas concurrents. Nous sommes l'institution qui finance les programmes de développement pour l'aide bilatérale. Je suis l'avocat de l'aide bilatérale, vous m'avez nommé pour cela. Je connais bien le monde « multi », je sais qu'il faut faire du « bi » et du « multi », qu'il fait bilatéraliser le « multi » et que nous devons être à l'écoute, mais je crois en l'aide bilatérale et je pense qu'il faut la renforcer, et recharger notre outil bilatéral. Cela implique d'utiliser Expertise France. J'en étais administrateur, comme vous, c'est l'opérateur de l'expertise française, c'est ce que dit la loi. Nous avons donc convenu que nous allions assurer 25 millions d'euros de commande à Expertise France à terme, progressivement. Je n'ai donc aucun problème, je passe par Expertise France pour intégrer de l'expertise française dans les programmes de l'AFD. Tout se passe bien, monsieur Schneider, et nous aurons l'occasion d'en reparler à Strasbourg, comme j'espère convaincre M. Cochet de mon enthousiasme à Lyon, où je sais qu'il y a des débats à ce sujet.

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