La biodiversité est certes notre patrimoine commun, mais ne serait-il pas temps de désétatiser sa protection et sa conservation, ainsi que vos propos semblent le laisser entendre ? Pourquoi en effet ne pas laisser l'initiative aux acteurs locaux – citoyens, associations, agriculteurs et collectivités territoriales –, en leur confiant la mise en oeuvre et la gestion de schémas prescriptifs, qui remplaceraient utilement les dispositifs nationaux, souvent très lourds et illisibles à force de superposition ?
Ma proposition s'appuie sur l'exemple du grand hamster d'Alsace. Alors que les injonctions européennes et les décrets ministériels n'étaient pas parvenus à enrayer le déclin de l'espèce, c'est finalement la logique locale et l'action volontaire des agriculteurs, désignés comme les premiers gestionnaires des fonds européens, qui ont permis la réintroduction de cet animal dans son milieu naturel et sa sauvegarde – même si la question de sa survie reste toujours posée. Cette expérience, validée par l'Union européenne, pourrait faire école et être reprise au cas par cas pour d'autres espèces. Considérez-vous que cette gestion locale des politiques de sauvegarde des espèces, sous le contrôle de l'État, puisse être une option ?