Excellence – selon le protocole du ministère des affaires étrangères, on donne du « monsieur l'ambassadeur » à un ambassadeur français mais de l'« Excellence » à un ambassadeur étranger –, Mme May, comme vous-même, l'a laissé entendre : on ne refait pas la géographie. M. de Talleyrand l'avait déjà expliqué en 1815, alors qu'il renouait avec Londres au sortir d'une guerre franco-britannique qui avait duré depuis plus de trente ans : « Je fais la politique étrangère de ma géographie. » Je me félicite de ces permanences dans la conduite de ce que la Cour permanente de justice internationale (CPJI) appelle les « nations les plus civilisées ».
Cela étant, si je suis convaincu, dans la mesure où notre solde commercial avec le Royaume-Uni est positif et que les Français n'ont donc par conséquent aucun intérêt à se tirer une balle dans le pied, que nous nous dirigeons vers un accord de libre-échange, j'aimerais votre opinion sur le fait que, compte tenu de la législation européenne, la City risque selon toute vraisemblance de perdre le bénéfice du passeport européen.
Qu'on le veuille ou non, le Brexit est la preuve de la crise que traverse l'Union européenne et le signal qu'il est grand temps de la refonder sur de nouvelles bases. Quel est selon vous le grief principal qu'ont exprimé vos concitoyens par leur vote ? On a beaucoup évoqué les questions d'immigration – notamment polonaise – mais cela ne masque-t-il pas un reproche plus fondamental, sur lequel nous devrions tous nous interroger, et qui touche à la perte de souveraineté des parlements nationaux ?