Je vais reprendre en partie ce qui vient d'être dit, car nous nous posons tous les mêmes questions.
Vous avez mentionné à juste titre le travail de cartographie des intérêts français que réalise le SGAE. Il faut le rappeler, la France a des intérêts spécifiques dans la relation avec le Royaume-Uni, qui ne sont peut-être pas ceux de ses partenaires européens. Je me félicite de ce travail de réflexion qui ne s'en tient pas à la seule doxa européenne.
Il faut regarder les choses telles qu'elles sont : le Brexit illustre les relations ambiguës qu'entretient le Royaume-Uni avec l'Union européenne, mais aussi la crise intrinsèque de l'Union européenne. Autrement dit, ce n'est pas une « divine surprise » pour reprendre un mot par trop galvaudé.
Quelles sont vos vues sur cette Union européenne qui doit se réformer sous peine de risquer l'implosion à force de contradictions ?
Il y a quelques années, le président Valéry Giscard d'Estaing disait ici même qu'il faudrait procéder différemment en matière d'élargissement ; il n'en a rien été. L'Europe a conservé son logiciel intégrateur, inadapté à une union à vingt-huit.
Quelle est votre position sur le rôle du Parlement français ? M. Jean-Claude Piris nous a expliqué qu'il s'agissait d'une affaire entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. J'en prends acte. Mais je rappelle que l'adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne a fait l'objet d'un référendum – pour ce qui me concerne, j'avais voté non… Cela m'est souvent arrivé, je vous l'accorde.