Intervention de Marie-Louise Fort

Réunion du 30 septembre 2015 à 8h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie-Louise Fort :

L'émotion suscitée par la photo d'un petit garçon mort ne doit pas nous faire oublier les autres victimes, notamment les petites filles, les jeunes filles et les femmes, victimes de Daech et de Boko Haram, esclavagisées et violées.

Ayant été rapporteure pour la commission des affaires étrangères sur les relations entre l'Albanie et la France, j'ai découvert que, si les regards ont tendance à se tourner vers les migrations par mer à travers la Méditerranée, les filières terrestres, via la Turquie, la Grèce et l'Albanie drainent au moins autant de migrants venant se déverser en Europe et aboutissant pour certains dans des camps dont vous avez dit qu'ils pouvaient devenir « vivables ». Certes, grâce à sa faculté d'adaptation, l'homme peut parfois s'accommoder des situations les plus horribles.

L'aggravation des conflits dans les pays d'origine pousse de plus en plus de monde vers l'Europe que les passeurs vendent comme un Eldorado. Mais n'est-il pas hypocrite, lorsqu'on évoque la crise migratoire et la situation dramatique que connaissent les migrants de ne pas parler également de la crise que traversent nos pays prétendument riches ? Comme tous les élus, je constate dans ma permanence une aggravation de la pauvreté et, maire d'une ville qui comporte 32 % de logements sociaux, je sais aussi tous les problèmes que cela génère.

Les préfets ont beau faire le tour des communes et des bailleurs sociaux pour organiser le séjour des vingt-quatre mille migrants dont a parlé le Gouvernement, que va-t-on faire de tous ces gens ? Va-t-on recréer des camps ? Confier leur prise en charges aux édiles, qui ne sont pas forcément bien équipés pour les accompagner correctement ? Je voudrais votre sentiment sur cette question.

Jusqu'où doit-on aller et comment articuler notre action avec celle des autres pays européens ? Vous parlez d'ouvrir les frontières mais n'est-il pas urgent, avant tout, d'éradiquer la barbarie qui sévit dans ces pays que la population fuit en masse ?

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