Intervention de Charles de La Verpillière

Réunion du 3 novembre 2015 à 18h00
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCharles de La Verpillière :

La crise migratoire que nous traversons constitue un phénomène historique considérable qui, s'il a commencé il y a plusieurs centaines de milliers d'années, a pris en 2015 une ampleur considérable. Les causes en sont connues : il s'agit de la démographie, de la misère et de la famine, de la guerre, de la corruption, de la dictature, des violences ethniques et religieuses, mais aussi du climat, avec la désertification et la montée du niveau des océans. Nous devons avoir le courage de dire à nos concitoyens que ce phénomène va durer, et qu'il faut en traiter les causes si nous voulons le maîtriser un tant soit peu. Cela dépasse les capacités d'action d'un seul État et relève de la responsabilité de l'Union européenne, de l'ONU et des coalitions lorsqu'il s'agit d'agir militairement – bref, c'est une action de longue haleine, et je dirai – en encadrant cette formule de guillemets – que le meilleur migrant est celui qui n'est pas parti de chez lui.

Dans l'immédiat, nous devons traiter les migrations en cours et, de ce point de vue, il y a incontestablement des choses à faire en France. L'État doit prendre ses responsabilités – ce qui n'est pas le cas actuellement, selon le groupe Les Républicains. Au niveau européen, il faut d'abord traiter les demandes d'asile le plus en amont possible, c'est-à-dire en Afrique, en Turquie et en Libye – quand l'ordre y aura été rétabli –, afin de distinguer, en dehors des frontières de l'Europe, les réfugiés des migrants économiques, et permettre un retour plus rapide et plus facile vers les pays d'origine lorsque la demande d'asile est rejetée.

Dans cet esprit, le groupe Les Républicains salue la création des hot spots, dont le premier a été ouvert sur l'île de Lesbos, et souhaite que l'Union européenne approfondisse ses relations diplomatiques avec les pays d'origine et de transit, afin de faciliter les retours. Nous sommes également favorables à l'harmonisation des règles de traitement des demandeurs d'asile et à l'établissement à cette fin d'une liste commune des pays sûrs. Enfin, nous souhaitons le renforcement de la lutte contre les trafiquants d'êtres humains et, pour cela, la création des instruments juridiques permettant la saisie et la destruction des embarcations des passeurs.

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