Une équipe mobile d'Europol a été sollicitée dès le lendemain des attentats et s'est présentée dans nos locaux de Levallois-Perret afin que nous l'intégrions au dispositif. Nous avons très vite compris que l'enquête dépasserait largement le cadre du territoire national, à la différence de celle qui a suivi les attentats de janvier. Nos collègues belges ont immédiatement ouvert une enquête et une équipe commune d'enquête a été constituée dès le 15 ou le 16 novembre.
L'équipe de quatre fonctionnaires d'Europol qui s'est déplacée dans nos locaux devait pour l'essentiel traiter certains éléments liés à l'analyse criminelle. Les investigations concernant les migrants, en revanche, ont été conduites dans le cadre des relations bilatérales et des échanges de renseignements auxquels nous procédons avec certains pays, en particulier la Grèce. Les renseignements ainsi obtenus nous ont permis d'établir que deux des individus qui se sont fait exploser au Stade de France étaient entrés dans l'Union européenne par l'île de Leros dans un groupe de 199 migrants, sur lesquels nous continuons d'enquêter.