Intervention de Maud Olivier

Réunion du 22 mai 2013 à 14h00
Délégation de l'assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMaud Olivier :

Nous travaillons à la rédaction d'une proposition de loi globale dont l'éducation sera l'un des piliers. Car parmi les personnes que nous avons rencontrées, nombreuses sont celles qui ont déploré l'accès des jeunes à la pornographie qui présente le corps des femmes comme un objet. Il y a en effet beaucoup à faire en matière d'éducation et à tous les niveaux.

Il semble que 90 % des personnes prostituées soient des victimes de la traite des êtres humains. C'est pourquoi il est indispensable d'accompagner celles qui souhaitent sortir de la prostitution. Il faut pour cela améliorer les dispositifs d'intégration, mais aussi donner à ces personnes la possibilité de se soigner et de légaliser leur situation.

En matière de prostitution, la France a adopté une position abolitionniste : faisons en sorte que cette position devienne une réalité. Nous disposons du cadre législatif pour lutter contre la traite des êtres humains, mais la lutte contre la prostitution via internet appelle de nouvelles mesures. Il faudra donner aux enquêteurs les moyens de remonter les filières et de démasquer les réseaux. Il faudra en outre signer des conventions avec les pays d'origine des personnes victimes de la traite. C'est ce que nous avons fait avec la Roumanie et la coopération fonctionne, mais nous avons sur notre territoire des prostituées d'origine bulgare, nigériane, chinoise et sud-américaine. La France doit signer des accords avec tous ces pays, mais également avec nos voisins européens dont les législations sont très différentes, en attendant que tous les pays d'Europe s'accordent sur des principes communs.

Faut-il pénaliser le client ? Je suggère pour ma part de le responsabiliser et de l'amener à comprendre qu'il est responsable des actes qu'il commet et qu'il est indigne d'acheter un service sexuel. La loi, actuellement, ne le concerne pas du tout, pourtant il est l'un des acteurs de la prostitution. Nous devons prendre des mesures visant à responsabiliser le client par le biais de l'éducation et de la pédagogie, mais si celles-ci ne suffisent pas, nous en viendrons à la sanction.

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