Je précise qu'un projet sur la cyberdéfense est en cours de création et associe le ministère de la Défense, le centre DGA de Bruz et l'école d'ingénieurs de l'université Bretagne-Sud. Plus généralement, quelle est la part de l'effort de recherche en la matière qui sera attribuée à des PME-PMI ? Quelle est l'ampleur de l'effort à consentir pour une sensibilisation la plus large possible des utilisateurs aux questions de sécurité des systèmes d'information ?
Contre-Amiral Arnaud Coustillière. Sur ces points, il faut bien convenir que nous avons encore du retard sur nos partenaires anglo-saxons. Cependant, je me dois de relever que nous avons obtenu les moyens budgétaires supplémentaires que nous demandions. Les insuffisances sont donc davantage liées à un problème général de disponibilité de la ressource humaine au bon niveau de compétence. On observe qu'il est difficile d'attirer des étudiants vers les formations sur ce sujet et que de surcroît, une bonne part des élèves qui y sont formés sont de nationalité étrangère, ce qui limite les possibilités ultérieures de recrutement par des intervenants dans les domaines régaliens, tandis qu'environ 15 % des diplômés d'écoles spécialisées sont très rapidement recrutés par des sociétés américaines. La ressource reste en conséquence nettement inférieure aux besoins et un effort d'ampleur doit être organisé.
En ce qui concerne les crédits de R&D, une progression très significative a été annoncée par le ministre, les crédits devant tripler, pour atteindre un montant total de 30 millions d'euros. On observera qu'en 2009, ces crédits étaient tombés à 3 millions d'euros. Plus largement, l'une des missions principales que s'est fixée la DGA réside dans la consolidation de l'« écosystème » de la cyberdéfense ; elle peut s'appuyer sur une véritable prise de conscience de l'importance du sujet.
Concernant l'école de Rennes, nous réfléchissons au sein du ministère de la Défense à la viabilité économique du projet et justement à sa rapide consolidation. Nous voulons que la formation soit complète tant sur les aspects juridiques que la gestion de crise, par exemple. Nous réfléchissons aussi à la création d'une pépinière d'entreprises, la création d'un colloque annuel, sur le modèle des universités d'été de la défense, qui verrait intervenir doctorants et intervenants de haut niveau. Il y a donc aujourd'hui un foisonnement de réflexion autour de ce projet, qui associe aussi la DGA, différents partenaires et les réseaux de réservistes citoyens que j'ai évoqués tout à l'heure. Cette école constituerait un outil supplémentaire pour sensibiliser aux questions de cybersécurité et le creuset de nos capacités.
Avec l'OTAN, nous coopérons énormément, nous avons déjà évoqué ce sujet. Avec les États-Unis, notre relation est compliquée. Nous partageons pour l'essentiel les mêmes valeurs et intervenons ensemble sur de nombreux théâtres d'opération. Mais, dans le même temps, nous sommes en compétition sur de nombreux marchés de haute technologie. L'espionnage industriel a toujours existé. Notre relation est donc plus ambiguë.