Intervention de Catherine Coutelle

Réunion du 18 septembre 2013 à 18h00
Délégation de l'assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCatherine Coutelle, présidente :

La pénibilité se mesure à l'espérance de vie et aussi à l'espérance de vie en bonne santé. Le rapport effectué à la demande du Médiateur de la République, intitulé « Comparer les emplois : de nouvelles pistes vers l'égalité salariale entre les femmes et les hommes », a bien souligné que le monde du travail a été codifié par des hommes et que de ce fait, par exemple, de nombreux emplois considérés comme féminins sont assortis de salaires faibles alors qu'ils supposent autant de qualités professionnelles, de responsabilité ou de stress que des métiers « masculins » traditionnellement mieux rémunérés. Ce rapport souligne qu'il faut aller vers le respect d'un principe « à travail de valeur égale, salaire égal ».

Les chercheurs de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) constatent une progression des accidents de travail chez les femmes au cours des dix dernières années. Les femmes sont également davantage victimes d'accidents de transport vers le travail ou d'un poste vers l'autre, ce qui montre le développement du cumul de postes à temps partiel ou très partiel ou des horaires hachés. Il est donc très important d'y accorder une plus grande importance et de formuler des propositions sur ce sujet.

Je confirme vos paroles en ce qui concerne le changement d'atmosphère à l'égard de la prise en considération des inégalités de retraite entre les femmes et les hommes : c'est devenu un sujet de société. Je ne suis pas personnellement pas défavorable à l'allongement de la durée de cotisation, mais je n'approuve pas le système de décote en cas de départ à la retraite à 65 ans : les femmes, comme nous le savons, valident des carrières plus courtes. L'exigence à leur égard est donc accrue par rapport aux hommes. Si leur état de santé les empêche de travailler jusqu'à 67 ans, elles subiront cette décote, système qui ne va certes pas dans le sens de la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes.

J'aurais aimé connaître le coût du rétablissement de l'âge de départ au taux plein à 65 ans. Il semble que l'avantage financier qui sera tiré de ce report du taux plein est de 3 milliards d'euros en 2040. Ce qui voudrait dire que l'on économise 3 milliards d'euros au détriment des femmes…

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion