Intervention de éric le Corre

Réunion du 23 octobre 2013 à 16h00
Commission d'enquête relative aux causes du projet de fermeture de l'usine goodyear d'amiens-nord, et à ses conséquences économiques, sociales et environnementales et aux enseignements liés au caractère représentatif qu'on peut tirer de ce cas

éric le Corre, directeur des affaires publiques du groupe Micheli :

En 2008-2009, le groupe Michelin, comme la plupart des grands groupes industriels confrontés aux difficultés de ces marchés en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord, a pris un certain nombre de mesures de ralentissement de ses investissements et de maîtrise de ses stocks, c'est-à-dire de ralentissement de sa production. Notre président de l'époque, M. Michel Rollier, soulignait alors qu'une journée de stock représentait 30 millions d'euros de cash consommés – comme une somme dépensée par l'entreprise sans la rentrée de trésorerie correspondante.

Nous avons ralenti les usines, mais en évitant tout licenciement. Nous avons privilégié les solutions à notre disposition. Nous avons recouru au chômage technique quand il existait dans certains pays comme en France, en Allemagne ou en Italie – où il est financé par l'industrie. Aux États-Unis, où j'étais alors en poste, nous avons fait le choix de nous séparer de tous nos sous-traitants et de donner la priorité au maintien dans l'emploi de nos équipes. Nous avions même décidé – ce qui avait été validé par la direction générale du groupe – que nous ne descendrions pas en dessous d'un certain nombre d'heures par semaine, quitte à occuper les salariés à couper l'herbe ou à repeindre les usines. J'ajoute qu'à l'époque, l'encadrement du groupe a également contribué à des réductions de rémunérations, afin que l'effort soit partagé par tous.

Par ailleurs, je vous ai dit que le groupe Michelin était présent à la fois dans les marchés matures et émergents. Sa stratégie consiste aussi bien à accompagner la réalité des marchés matures, qui sont très importants en taille, qu'à dynamiser notre croissance en étant présents sur les marchés émergents. L'expérience a en effet montré, que ce soit en 2008-2009, au début des années 2000 ou au début des années 1990, après la première guerre du Golfe, qu'il était très rare que les trois grandes zones économiques du monde soient en crise en même temps. En l'occurrence, en 2008-2009, la crise a frappé l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest, mais les marchés émergents ont continué à tirer la croissance. Aujourd'hui, l'Amérique du Nord est repartie, les marchés émergents tirent la croissance, pendant que l'Europe de l'Ouest souffre ; mais notre stratégie permet de le compenser en partie.

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