Intervention de François Cornut-Gentille

Réunion du 13 novembre 2013 à 9h30
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Cornut-Gentille :

À mes yeux, la politique de la ville souffre moins d'un défaut de moyens ou d'engagements trop partisans que d'un manque d'exigence. Nous avons créé bien trop de quartiers ANRU, qui sont devenus de simples guichets. L'ANRU devrait opérer une sélection beaucoup plus stricte des projets urbains. Les projets de qualité peuvent concerner une ville ou une intercommunalité ; comme l'a dit Olivier Carré, nous devrions nous montrer souples sur ce point, sans accorder systématiquement des moyens aux intercommunalités qui ne fonctionnent pas bien. Mais si l'on dressait un bilan non politicien de l'ANRU 1, l'on s'apercevrait que certaines grandes villes n'ont pas de véritable projet : l'ANRU est un guichet auquel les offices HLM émargent pour, dans bien des cas, refaire la ville à l'identique, en commettant les mêmes erreurs que dans les années 1980 ou 1990.

Il ne suffit donc pas que le Gouvernement affiche sa volonté de changement et l'assortisse de dotations importantes. Pour convaincre les citoyens, dont les maires eux-mêmes, qui auraient parfois besoin d'être aidés pour définir une stratégie de reconquête de la ville, l'ANRU doit assister les élus, les informer, leur conseiller des architectes compétents. Il faut passer d'une politique d'affichage à une politique de réalisations concrètes.

Les copropriétés dégradées, commerciales ou non, posent des problèmes de plus en plus graves. Pour y remédier, nous avons moins besoin de moyens financiers supplémentaires que d'instruments juridiques qui restent à inventer.

Enfin, les critères de refonte des quartiers paraissent généralement raisonnables, mais l'articulation avec l'éducation nationale et les zones d'éducation prioritaire est vitale.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion