Intervention de Jean-Yves le Drian

Séance en hémicycle du 27 novembre 2013 à 21h30
Loi de programmation militaire 2014-2019 — Discussion générale

Jean-Yves le Drian, ministre de la défense :

S’agissant en tout cas de la LPM précédente, des engagements pris à l’égard de nos industriels n’ont pas pu être tenus parce que la loi de programmation n’a pas été appliquée. La seule critique que je puisse faire, c’est qu’il n’y ait pas eu de révision des contrats passés avec les industriels au moment où il aurait fallu le faire, c’est-à-dire au moment où l’on s’est aperçu que la loi de programmation ne pouvait pas être respectée, en grande partie parce qu’elle était trop optimiste, et du fait de la crise. Et nous nous trouvons aujourd’hui dans la nécessité de rediscuter avec les industriels pour qu’ils aient une lisibilité et un plan de charge cohérent. Je dis à MM. Candelier et Foulon, qui m’ont interpellé sur ce point, que cette discussion avance plutôt bien et devrait permettre de passer sans encombre cette période.

Nous avons consenti un effort décisif sur la recherche et les technologies, beaucoup plus important qu’auparavant, et nous renforçons notre stratégie d’exportations d’armement. Sur ce point, l’année 2012 n’avait pas été exceptionnelle, mais je peux vous dire à cet instant que les contrats d’exportations passés en 2013 par une nouvelle méthode d’approche seront nettement meilleurs. Cela démontre la qualité de nos industriels, et le fait qu’une bonne articulation entre l’action du Gouvernement et l’action des industriels peut produire de bons résultats.

À cet égard, je suis optimiste quant aux perspectives d’exportations de l’avion Rafale, sur lesquelles j’ai été interrogé. Le troisième risque, ou le troisième pari, évoqué par M. Cornut-Gentille me semble un pari raisonné qui devrait nous permettre d’aboutir et de passer cette période de creux dans la chaîne de construction du Rafale. Après les « onze plus onze plus quatre », il y aura des possibilités d’exportation qui nous permettront d’attendre la cinquième tranche, puisqu’il faudra bien remplacer les Mirages par une autre génération de Rafales. La chaîne ne sera donc pas arrêtée, d’autant plus que je viens d’engager avec Dassault un accord pour la mise en oeuvre d’un nouveau standard du Rafale équipé du pod de désignation laser, et que la loi de programmation militaire prévoit un financement de l’ordre de 700 millions d’euros pour l’avion de combat futur qui permettra au bureau d’études de la société Dassault d’être complètement mobilisé sur cet objectif.

J’en profite aussi pour rassurer M. Chassaigne, qui ne peut être présent ce soir et s’en est excusé auprès de moi, sur l’externalisation de l’entretien des hélicoptères Puma. Il s’agit de marchés ponctuels de délestage, qui visent notamment à pallier certaines difficultés rencontrées par le SIAé. C’est donc bien une réponse à un besoin conjoncturel qui n’a pas vocation à s’étendre sur le long terme. À l’inverse, le SIAé est en train d’étudier les modalités d’une intervention accrue sur le C 130, alors même que cette activité est aujourd’hui externalisée. C’est important de le noter : il n’y a pas de dogmatisme de ma part dans un sens ni dans un autre sur ce point. J’essaie de trouver la meilleure solution industrielle, et aussi la plus économique.

M. Fromion m’a interrogé sur le programme de satellites d’écoute électromagnétique Ceres. Ce programme a été décalé, et sans faire de polémique, cela n’a pas été de mon fait. Beaucoup de programmes spatiaux ou de renseignement ont été décalés, car ce n’était pas la priorité antérieure. À mes yeux, le renseignement est une priorité, et cela intègre le lancement du satellite d’écoute électromagnétique Ceres. Je notifierai ce programme dès la fin de cette année 2013, et nous n’avons pas choisi l’option low cost.

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