Intervention de Jacques Myard

Réunion du 26 juin 2013 à 9h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Myard :

Vous avez mené une politique très accommodante en matière de taux directeurs et mis en place le programme LTRO. Or, comme vous l'avez souligné, les banques ne jouent peut-être pas totalement le jeu dans le système européen.

On peut donc se demander si votre politique est efficace : elle ne sert pas l'économie réelle mais les banques, ce que les peuples ne peuvent comprendre.

On peut aussi se demander s'il n'est pas préférable d'aider directement les États en matière d'investissement par une politique de quantitative easing.

Mais je veux saluer le courage du président du Titanic ! Chacun le sait, la zone euro est condamnée. Je l'ai dit depuis le début : l'absence de zone économique optimale conduit à l'échec. Hans-Olaf Henkel, ancien président d'IBM Europe et ancien président du Bundesverband der deutschen Industrie, l'équivalent du MEDEF, et Heiner Flassbeck, chef économiste à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), partagent cette opinion. M. Frits Bolkestein lui-même vient de conclure à l'échec et de recommander que les Pays-Bas sortent de l'euro !

Toute union monétaire plaquée sur des économies divergentes aboutit à une « union de transfert » où les riches doivent payer pour les pauvres, comme, en France, Paris paie pour la Creuse ou la Corrèze.

Je veux préciser enfin que les déficits ne sont pas la cause mais la conséquence de la perte de compétitivité.

Dès lors, quel est le scénario ? Devons-nous risquer un choc systémique avec la sortie d'un État, ou essayons-nous de nous mettre autour de la table pour mener une autre politique monétaire et bâtir une autre structure économique ?

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