Intervention de Oumar Kobine Layama

Réunion du 22 janvier 2014 à 17h15
Commission des affaires étrangères

Oumar Kobine Layama, président de la Communauté islamique centrafricaine :

Notre rôle consiste à rassembler les gens pour qu'ils se parlent, mais ce n'est pas à nous de juger. Nous sommes des autorités morales et notre mission consiste à montrer l'exemple. Pour l'élection à la Présidence, nous avons envoyé nos délégués auprès du Conseil national de transition rappeler à ses membres la gravité de la situation de façon que le vote puisse se faire dans un esprit républicain, en faveur d'un rassembleur neutre sans tenir compte seulement de la région, de la religion… Nous n'avions pas de candidat mais nous avons renoncé à l'esprit partisan.

Nous avons aussi contribué à former les imams, pasteurs et prêtres au système de réconciliation et à la résolution des conflits avec les ONG en place. Une première session a déjà eu lieu. Nous avons aussi élaboré un projet pour former les formateurs qui vont être envoyés dans tout le pays pour préparer la grande réconciliation. Les mécanismes sont déjà amorcés.

La guerre n'est pas d'essence religieuse mais la religion a été instrumentalisée par les politiques. Quand les Séléka ont entamé leur descente sur Bangui, François Bozizé a attisé le conflit en organisant des meetings, en lançant des campagnes, en mettant en place des milices qui ont été équipées de coupe-coupe, tombés ensuite aux mains des anti-Balaka. Puis, dans les localités, les anti-Balaka se sont attaqués exclusivement aux Séléka, donnant corps à un mouvement de rébellion et utilisant leurs enfants comme chair à canon. La venue de Michel Djotodia et de son équipe n'a pas empêché les pillages et les tueries. En tant que responsables de la communauté musulmane, nous n'avons jamais eu de contact avec la Séléka. Quand il était au pouvoir, Djotodia ne m'a jamais reçu en audience privée, ses officiers non plus. Il faut dire que je n'ai cessé de condamner leurs exactions. Cette guerre n'a rien à voir avec la religion.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion