Intervention de Mgr Dieudonné Nzapalaïnga

Réunion du 22 janvier 2014 à 17h15
Commission des affaires étrangères

Mgr Dieudonné Nzapalaïnga :

Nous avons remis une lettre à François Hollande soulignant le rôle ambigu des forces tchadiennes. Elles comptent dans leurs rangs d'anciens rebelles, parfois dans le commandement. Dans certaines villes, nous avons vu ces soldats fraterniser avec les Séléka qu'ils sont censés désarmer. L'ami de mon bourreau est mon bourreau, voilà ce que pensent les habitants. À Bangui, au moment du désarmement, les militaires tchadiens de la MISCA qui suivaient les forces Sangaris ont été hués par la foule et ils ont tiré sur elle. Or ils ne sont pas là pour défendre leurs compatriotes. Normalement, les Tchadiens auraient dû laisser d'autres forces passer au premier plan. L'évêque de Bandoro, apprenant qu'ils devaient sécuriser la ville, a écrit une lettre que j'ai remise à l'Union africaine et à l'ONU pour signaler que la population était paniquée. Nous ne voulons pas de Tchadiens chez nous.

François Bozizé est arrivé au pouvoir à l'aide de mercenaires venus du Tchad. Certains d'entre eux sont restés. Baba Laddé a pris du temps avant de repartir à N'Djamena et devenir conseiller du Président. Tous ses hommes ne l'ont pas suivi. J'en ai rencontré 0 Bossangoa. Le colonel Saleh m'a dit être venu comme garde présidentiel de Bozizé, et il s'étonnait qu'on ne veuille pas de lui. Les Tchadiens sont en terrain conquis. Ils ne sont pas du pays mais on leur a déjà fait les papiers et donné les passeports. Beaucoup de gens le savent. Le ministre des Affaires étrangères tchadien a admis par écrit qu'il y avait dix Tchadiens dans la Séléka. Plusieurs Tchadiens occupent des postes de haut gradé dans les forces armées. Ce sont des mercenaires et ils doivent être traités en conséquence. Il faut qu'ils repartent dans leur pays ; sinon, ils continueront à semer la mort et le désordre.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion