Intervention de Jean-Louis Vielajus

Réunion du 15 janvier 2014 à 9h45
Commission des affaires étrangères

Jean-Louis Vielajus, président de Coordination Sud :

Dans le montant total de notre aide au développement, les dons n'occupent qu'une part très faible. Dans chacun des pays concernés, ils ne représentent pas davantage que le financement d'un gros projet par une ONG.

S'agissant de la taxe sur les transactions financières, nous avions beaucoup misé sur la France pour faire avancer le projet au niveau européen. Il est pour l'instant au point mort. Et en France, seul un faible pourcentage du produit de la taxe va à l'aide au développement, contrairement à ce qui avait été promis initialement.

S'agissant du lien entre accords de gestion concertée des flux migratoires et aide au développement, je rappellerai seulement que le Mali avait finalement refusé de signer un tel accord avec la France. Cela a été source de blocages dommageables. J'aimerais que les associations de migrants, qui ont beaucoup travaillé sur le sujet, puissent vous rencontrer et vous exposer leur position sur ce sujet. On comprend que certains soient tentés de lier flux migratoires et aide au développement. Mais cela peut-il se résumer à des chiffres et le pilotage doit-il être assuré comme auparavant par le ministère de l'intérieur ?

L'un d'entre vous a abordé la question du soutien des initiatives économiques et de la place des jeunes. Le rapport annexé pourrait, à côté de l'éducation et de la formation, traiter de l'insertion professionnelle des jeunes et de l'appui à la création de réseaux de micro-entreprises ou petites entreprises dans les pays que nous aidons, notamment en Afrique. Les ONG travaillent depuis longtemps sur ce sujet et ont lancé dans beaucoup de pays des programmes innovants d'insertion économique des jeunes.

Pour la période postérieure à 2015, il me paraitrait intéressant d'ouvrir le chantier de la protection sociale universelle. Cela permettrait de dépasser repentance et charité.

Les ONG ont le souci permanent de mieux associer la société civile des pays du Sud dans lesquels elles interviennent. Leur but ne se limite pas à construire des puits, des routes ou des écoles. C'est de renforcer la société civile des pays, ce qui passe certes par la réalisation de tels équipements, et d'y faciliter le dialogue politique entre la population et les gouvernants afin que les politiques publiques soient davantage tournées vers la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

Dans le temps limité qui m'est imparti, je ne pourrai pas répondre à toutes les questions. Je vous remercie de l'intérêt que vous portez tous au sujet. Nous devrions pouvoir avancer ensemble sur de nombreux points. Soyez en tout cas assurés que les ONG sont mobilisées et tout à fait prêtes à dialoguer avec vous sur ce projet de loi d'orientation.

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