Intervention de François Lamy

Séance en hémicycle du 28 janvier 2014 à 9h30
Questions orales sans débat — Difficultés de recrutement dans le secteur de l'économie numérique

François Lamy, ministre délégué chargé de la ville :

Je vous prie d’excuser Geneviève Fioraso, qui est actuellement en Turquie avec le Président de la République et qui m’a chargé de vous répondre.

Le numérique est une filière qui représente un fort potentiel de création d’emplois qualifiés : cette filière a diffusé ces trois dernières années environ 100 000 offres d’emploi, dont 90 % de contrats à durée indéterminée, pour un recrutement majoritairement de bac + 2 à bac + 5.

Selon le contrat d’étude prospective réalisé en 2013 par la branche, les effectifs globaux de la filière devraient augmenter de plus de 35 000 emplois d’ici 2018, ce qui représente 7 000 emplois nouveaux par an dans l’industrie et les services : métiers du Web, de l’e-commerce, de l’édition logicielle, des services numériques, du conseil en technologie…

En France, comme dans toute l’Europe, il existe toutefois des difficultés importantes de recrutement dans certains métiers numériques, vous l’avez souligné. Répondre à cette situation constitue un enjeu majeur pour l’enseignement supérieur, qui a déjà formé 40 000 étudiants dans ce secteur. C’est un enjeu pour la formation tout au long de la vie des salariés et la reconversion des demandeurs d’emploi.

Deux constats s’imposent. Le premier, c’est que pour les études de bon niveau scientifique, le nombre de diplômés est insuffisant par rapport à la capacité d’insertion professionnelle de la filière. Il faut donc attirer d’avantage d’étudiants dans les cursus existants, en particulier les jeunes filles, trop peu présentes.

Le second constat, c’est que, s’agissant des métiers les plus récents, nécessitant des compétences à la frontière de la technologie et des usages, l’offre de formation doit être davantage définie et structurée.

C’est l’un des trois premiers chantiers du comité Sup’emploi, présidé par deux chefs d’entreprise et mis en place il y a un mois par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Son but est d’aboutir à des propositions concrètes avec quatre objectifs : améliorer la définition des besoins professionnels, renforcer la co-conception des formations entre acteurs de l’enseignement supérieur et entreprises, apporter des réponses dans l’accompagnement des salariés tout au long de leur carrière dans un secteur aux évolutions technologiques rapides, et enfin, féminiser la profession.

L’enseignement supérieur en formation étudiante et continue s’est ainsi résolument engagé à adapter son offre de formation à tous les métiers du numérique, au service de l’emploi et de la compétitivité de notre pays.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion