Intervention de Bertrand Pancher

Séance en hémicycle du 18 juin 2014 à 21h30
Réforme ferroviaire — Article 2

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBertrand Pancher :

Cet amendement vise à mettre en place des mesures d’incitation pour encourager SNCF Réseau à réduire ses coûts. Il est important de mentionner dans le texte des objectifs de réduction des coûts car celle-ci est une nécessité pour le redressement financier du système ferroviaire.

La réduction des coûts, plus particulièrement l’amélioration de la productivité de la SNCF, c’est un peu comme l’Alsace-Lorraine après la guerre de 1870 : « Toujours y penser, ne jamais en parler. » Mais si nous n’affichons pas clairement de tels objectifs, on pourra se demander à quoi bon avoir présenté ce projet de loi, à quoi bon avoir débattu et voté un texte qui aura causé tant de gêne aux usagers à travers ce grand mouvement de grève. Nous devons nous engager dans une réduction des coûts et améliorer la productivité parce que nous ne réussirons pas à régler les problèmes du gestionnaire de l’infrastructure uniquement en disant : « Ne vous inquiétez pas, il y a une augmentation du volume d’activité de la branche ferroviaire du fait du regroupement de RFF et la SNCF, et on va donc faire des appels d’offres géants confiés au privé en diminuant ainsi les coûts. » Cela ne suffira pas. J’ai cité à plusieurs reprises, en commission du développement durable, l’exemple de l’Allemagne, et je tiens à y revenir : pour les conducteurs de train, le temps de travail est de quarante heures hebdomadaires outre-Rhin, contre vingt-deux à vingt-quatre heures en France. L’âge de leur départ en retraite est fixé à soixante-deux ans, bientôt soixante-trois ans, et quand on leur demande s’ils se considèrent comme exploités, ils nous rient au nez en nous disant qu’il est maintenant plus facile de conduire un train qu’un camion.

J’ajoute que, dans le système de transport allemand, de multiples tâches sont confiées à un même agent : donner le départ du train, puis contrôler les billets et servir au bar.

Et quand on les interroge, les personnes concernées considèrent cela naturel ; pour elles, cela ne pose pas de problème. Des gains sont donc possibles en matière d’efficacité du service.

Nous reparlerons demain de la question de l’ouverture à la concurrence. Mais en ce qui concerne les coûts, n’ayons pas peur de le dire, il existe des marges d’amélioration de la productivité dans notre système ferroviaire. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité à nouveau déposer cet amendement, même si le rapporteur jugera probablement, comme en commission, qu’il n’apporte rien sous cette forme.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion