Intervention de Axel Poniatowski

Réunion du 21 mai 2014 à 16h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAxel Poniatowski :

Merci, monsieur le ministre, de votre exposé très complet, qui a couvert sur un spectre très large les discussions en cours. Nous pouvons cautionner vos positions sur de nombreux sujets, qu'il s'agisse de la politique énergétique commune, de votre approche du partenariat atlantique ou de la politique de voisinage avec les pays du Sud. Je me réjouis de constater qu'on s'intéresse davantage aux problèmes de défense qui, bien qu'essentiels, ont été trop délaissés dans les discussions strictement européennes – on voit bien aujourd'hui que l'Europe est inexistante dans ce domaine et que l'« Europe de la défense » ne désigne, en fait, que la France et la Grande-Bretagne. J'espère que vous parviendrez à sensibiliser l'Allemagne et d'autres pays de l'Union européenne, mais c'est là une tâche difficile.

En revanche, le groupe auquel j'appartiens ne peut évidemment pas souscrire aux conditions que vous évoquez pour le retour de la croissance. C'est là un point de complète divergence avec vous – ce serait trop beau si cela pouvait ne se faire qu'au niveau de l'Union européenne : la problématique est avant tout française et il s'agit de permettre à nos entreprises de redevenir compétitives ce qui n'est nullement l'orientation prise aujourd'hui par le Gouvernement.

Vous n'avez pas répondu à la question que vous a posée tout à l'heure M. Pierre Lequiller sur la Turquie. Ce n'est pourtant pas compliqué : à quatre jours des élections européennes, cela intéresse beaucoup les Français de savoir quelle est, in fine, la position du Gouvernement. La négociation est certes encore en cours et certains chapitres n'ont pas étés ouverts, tandis que d'autres sont bloqués, mais souhaitez-vous – oui ou non – qu'à l'issue des négociations, la Turquie intègre l'Union européenne ? Du reste, comme dans le cas du partenariat transatlantique, cette intégration serait soumise à référendum, comme le prévoit désormais la Constitution. Il ne vous est donc pas difficile de répondre à la question : quel est le souhait du Gouvernement sur ce sujet ?

Quelle est, par ailleurs, la position du Gouvernement quant au choix du président de la Commission européenne ? S'agira-t-il automatiquement du représentant de la tendance qui arrivera en tête des élections européennes – M. Juncker ou M. Schulz ? Estimez-vous plutôt qu'à l'issue des élections, le Conseil européen pourrait faire un autre choix et présenter une autre proposition au Parlement européen ?

Pourquoi, enfin, M. Laurent Fabius, qui a déclaré voici quelques heures que la jeune Leonarda et sa famille n'avaient pas leur place en France, a-t-il tenu ces propos contredisant la position et la parole du Président de la République, qui avait déclaré que cette jeune fille était la bienvenue, mais pas sa famille ?

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