Intervention de Pierre Lellouche

Réunion du 11 juin 2014 à 9h45
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre Lellouche :

Je me dois de vous le dire, monsieur l'ambassadeur : je suis déçu par la tournure qu'ont prise les événements au terme de la tournée du secrétaire d'État américain au Moyen-Orient. La conjonction de plusieurs facteurs – les révolutions arabes, la tension croissante entre sunnites et chiites, la guerre en Syrie et en Irak – donnait une occasion formidable de conclure un accord de paix direct entre Israéliens et Palestiniens. Pour la première fois depuis des décennies, le problème entre eux était réduit à ce qu'il est : un problème de tracé de frontières entre deux États et non « la mère de tous les conflits », conflits dont le Proche-Orient regorge par ailleurs. On pouvait, enfin, poser la question de l'organisation des relations entre les deux États, solution défendue par la France depuis 1978. Mais, en dépit de tous les efforts déployés par M. John Kerry, sa médiation a échoué en raison du raidissement israélien, si bien que M. Abbas, pour tenter de survivre, s'est tourné vers la partie la plus hostile, le Hamas. Autant dire que l'on n'est pas revenu à la case départ, mais probablement à pire encore.

La partie palestinienne n'est certes pas parfaite, mais le gouvernement israélien n'est pas sans responsabilité dans cet échec et dans l'affaiblissement complet de la direction palestinienne, pourtant modérée. Tout cela ne sert ni la réputation de l'État d'Israël ni le processus de paix. Pourquoi les négociations ont-elles capoté ? Quelle solution trouver, maintenant que les deux parties se raidissent, dans un monde arabe déchiré ? L'ami d'Israël que je suis a le sentiment que vous avez manqué une occasion historique de trouver un accord avec les Palestiniens, même si c'est compliqué. Chacun s'en trouve perdant.

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