Intervention de Jean-Yves Caullet

Séance en hémicycle du 9 novembre 2012 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2013 — Écologie développement et aménagement durables

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Yves Caullet :

Monsieur le président, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, en écoutant mes collègues de l'opposition réclamer sans cesse davantage de dépenses alors que, hier encore, ils reprochaient à la majorité de ne pas faire suffisamment d'économies, je ne peux pas m'empêcher de penser à Courteline et de dire que c'est un plaisir de fin gourmet. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Pourtant, la transition énergétique et écologique, la biodiversité, les enjeux de santé et d'environnement, les défis en matière de développement durable pour lequel nous souhaitons que notre pays devienne un exemple montrent clairement que l'ambition est là. Les priorités sont claires, et la conférence environnementale donne le rythme de l'action. Le temps où l'on pouvait dire au plus haut sommet de l'État que l'environnement, ça commence à bien faire est désormais révolu. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SRC et écologiste.)

Les moyens budgétaires, dans un contexte contraint, sont au rendez-vous de ces ambitions et d'une action qui s'inscrit dans la durée. C'est une condition de l'efficacité, et c'est la raison pour laquelle le groupe SRC soutiendra ce budget. Mais ce n'est pas la seule condition. Un partenariat efficace avec l'ensemble des collectivités locales sera nécessaire, et j'espère que l'acte III de la décentralisation nous permettra activement de bâtir ce partenariat. Une mobilisation de l'administration, de l'État et de ses opérateurs est bien entendu indispensable, et je sais, madame la ministre, monsieur le ministre, votre détermination et votre dynamisme en la matière. Une nouvelle gouvernance doit être construite, et le projet d'agence pour la biodiversité est à cet égard un bon exemple.

Je souhaiterais profiter de ce court temps de parole pour appeler votre attention sur une autre condition du succès à mes yeux très importante. Il s'agit de s'assurer aujourd'hui et pour demain la maîtrise des compétences fondamentales et des connaissances techniques indispensables à la mise en oeuvre de nos ambitions, et je prendrai brièvement trois exemples.

Puisque nous parlons de biodiversité, nous savons tous que la systématique est l'une des sciences indispensables pour en mesurer la richesse, en suivre l'évolution. Or, depuis trop longtemps, par effet de mode sans doute, l'enseignement de cette matière essentielle a été quelque peu délaissé, fragilisant ainsi la position d'excellence de notre pays en la matière. Madame la ministre je souhaiterais ardemment que, compte tenu des enjeux pour la biodiversité, nous sachions montrer publiquement l'intérêt que nous accordons à l'enseignement de ces disciplines et aux organismes qui les portent. Lors de son audition par la commission du développement durable, le directeur du Muséum national d'histoire naturelle a clairement montré qu'il y avait là une piste de progrès.

Le deuxième exemple, je le puiserai dans mon expérience personnelle, il s'agit de la science agronomique. Le modèle univoque développé par l'agriculture depuis des décennies a fini par créer un malentendu, voire jeter une forme de discrédit sur la science agronomique, qui y serait totalement associée. Or, quelle que soit l'orientation souhaitée pour la production d'aliments indispensables à la satisfaction des besoins de l'humanité, cette science doit continuer à être enseignée et présentée de façon suffisamment attractive aux jeunes pour qu'ils embrassent eux aussi ces carrières d'avenir.

Enfin, troisième exemple, les formations d'ingénieurs en général, nécessaires pour que soient mises en oeuvre les nouvelles techniques qui nous permettront de réussir nos transitions ambitieuses, que ces ingénieurs soient d'ailleurs dans le secteur privé ou dans le secteur public. Le mirage d'une société menée par la finance a trop souvent conduit à négliger les formations de ceux qui font pour essayer d'attirer, comme un miroir aux alouettes, les jeunes talents vers ceux qui décident sans faire, vers ceux qui croient être les maîtres du monde sans maîtriser la réalité du geste et de la production.

J'appelle de mes voeux le développement de ces enseignements, du goût pour les sciences fondamentales et les techniques qui les mettent en oeuvre. Il me semble que relancer et restructurer ces formations nécessite plus de volonté que de moyens supplémentaires. Il s'agit d'un enjeu d'avenir extrêmement important. Je suis très heureux d'avoir eu l'occasion de souligner l'importance de cet enjeu devant vous aujourd'hui et je souhaite que nous soyons tous à l'ouvrage demain pour promouvoir les conditions du succès de notre ambition collective.

En ce qui concerne ce budget, qui n'est que le premier d'une longue série…

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion