Intervention de William Dumas

Réunion du 10 septembre 2014 à 8h30
Commission des affaires européennes

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaWilliam Dumas :

Vous avez raison de souligner l'absence quasi totale de débat sur les enjeux européens au cours de la dernière campagne pour les élections européennes. Nous ne savons pas souligner les apports de l'Europe. Alors que nous commémorons les cent ans de la Grande Guerre et fêtons les soixante-dix ans de la victoire de 1945, personne ne rappelle que la première chose que l'Europe nous a apportée, c'est la paix.

Dans ma région, le Front national fait des scores importants : il est paradoxal que le seul parti qui préconise le repli sur soi, qui est contre l'euro et contre l'Europe, soit celui qui obtient les meilleurs résultats électoraux. Il faut s'interroger sur cette situation. Mais les partis traditionnels sont-ils crédibles quand ils recasent aux élections européennes les battus des élections nationales ? L'Europe n'est-elle qu'un lot de consolation ?

S'agissant de la politique de la défense, quelques vérités doivent aussi être rappelées. Qui aide la France dans les conflits où elle est engagée, au Mali ou en Centrafrique ? Ces interventions devraient être financièrement appuyées par l'Europe, elle si sourcilleuse quand il s'agit de respecter les 3% de déficits. Nous n'avons pas de défense européenne : c'est aujourd'hui la France qui supporte en grande partie cet effort.

Quant à la stratégie industrielle, c'est comme en politique : chaque fois que nous avons souhaité des rapprochements de grands groupes européens, nous avons vu que chaque pays défendait son pré carré.

Chacun doit battre sa coulpe : si l'Europe est mal perçue, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas assez d'Europe, mais parce que nous n'avons pas expliqué ce qu'elle a apporté. Je vais parfois parler devant des collégiens et des lycéens, et c'est toujours moi qui aborde la question de l'Europe : on ne leur en a jamais parlé, ça ne les intéresse pas.

Enfin, je suis moi aussi favorable à des circonscriptions plus proches des électeurs. Il faudrait également que l'Europe laisse aux députés européens plus de temps pour se rendre dans leurs circonscriptions, qui sont vastes.

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